Standard & Poor’s sanctionne Groupama pour son exposition à la Grèce
Groupama s’enfonce. L’assureur français a vu hier sa note de crédit réléguée par Standard & Poor’s au rang de qualité moyenne inférieure. Elle passe ainsi chez S&P de «A-» à «BBB+» avec une perspective négative. Fitch Ratings attribue de son côté une note «A», assortie elle aussi d’une perspective négative. Groupama paie mécaniquement le prix de la dégringolade en catégorie spéculative de la note de la dette souveraine grecque, qui est passée le 9 mai de «BB-» à «B».
«Nous pensons que l’exposition concrète de Groupama aux obligations gouvernementales de la Grèce va affaiblir le profil financier de l’assureur», a expliqué S&P dans un communiqué. Les exigences supplémentaires en capital au titre des risques de crédit vont peser sur le groupe, et de fait «nous jugeons improbable que les fonds propres de Groupama, selon notre modèle, regagnent des niveaux favorisant des notes de solidité financière forte dans les deux prochaines années», a encore ajouté S&P.
Selon un document présenté aux analystes lors des résultats annuels, les dettes gouvernementales des pays périphériques représentaient 53% du portefeuille de titres de dette souveraine à fin 2010. La valeur boursière des titres des PIIGS totalisait 13,257 milliards d’euros en données consolidées, dont 1,979 milliard d’euros pour la Grèce (2,011 milliards en données combinées). Une exposition qui n’a pas varié depuis, selon l’assureur, et qui arrive en troisième position, derrière l’Italie (7,283 milliards d’euros) et l’Espagne (2,901 milliards). La moins-value latente nette d’impôt et de participation aux bénéfices est en revanche la plus lourde sur les titres grecs, à 286,9 millions d’euros (293 millions en données combinées), pour un total de 473,3 millions.
Dans un cadre plus large, S&P souligne que la perspective négative appliquée à la note «reflète des incertitudes persistantes autour de l’ampleur et de la rapidité du redressement de la performance opérationnelle et de l’adéquation des fonds propres au cours des deux prochaines années». Malgré une amélioration des marges des nouvelles affaires à 0,7% environ en 2011, l’agence s’attend à ce que les bénéfices dans l’activité vie soient affectés par des marchés de capitaux adverses. En dommages, le ratio combiné est anticipé à 102% cette année, hors catastrophes naturelles majeures, et entre 100 et 102% l’année suivante.
Plus d'articles du même thème
-
Le vent mauvais d’Ormuz va souffler sur les défaillances d'entreprise
Allianz Trade a relevé de 15.000 unités au total ses prévisions mondiales pour 2026 et 2027. Cela sans compter sur un conflit prolongé. -
La France évalue le coût économique de la guerre en Iran à plus de 4 milliards d'euros
Le ministre de l’Economie et des Finances a réuni mardi plusieurs ministres avec le Comité d’alerte des finances publiques créé en avril 2025. Ce comité conclut que les recettes fiscales liées au carburant pourraient à peu près couvrir les aides déjà annoncées. Mais pas le coût économique total lié à la remontée de l’inflation, au ralentissement de la croissance et à la charge de la dette, évalué à 4,4 milliards d’euros. -
L’inflation britannique porte les premières traces du conflit au Moyen-Orient
L’indice des prix à la consommation britannique a progressé de 3,3% sur un an en mars, en raison de la flambée des prix des carburants, accélérant par rapport aux 3% enregistrés en février. Pas de quoi pousser la Banque d’Angleterre à agir dès avril, selon les économistes.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- L'entrée en relation bancaire numérique embarrasse les réseaux traditionnels
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : Eric Ciotti appelle à l’union des droites, affirmant que « LR a disparu »
Eric Ciotti accuse, mercredi 22 avril, son ancien parti, Les Républicains, d’avoir perdu son indépendance. Il appelle à une alliance des droites avec le RN et son nouveau mouvement, l’UDR, pour l’élection présidentielle. -
AcideBudget : pourquoi la crise au Moyen-Orient a bon dos
Pour le Haut conseil des finances publiques, « l’année 2026 avait démarré sans marge de sécurité budgétaire » avant même l'offensive israélo-américaine contre l'Iran -
Lignes de fondRachat de SFR : pourquoi la création de vrais « champions européens » n’est pas pour demain
Si la France est autorisée à consolider son marché entre acteurs français, les autres pays européens dans une situation comparable seront en droit d’exiger un privilège semblable