Standard Chartered choisit la voie de la collaboration avec le régulateur
Alors que doit se tenir mercredi une audition au cours de laquelle sera examiné le maintien ou la révocation de sa licence bancaire à New York, Standard Chartered veut donner des gages de bonne volonté. Selon Bloomberg, le groupe a accepté l’exigence faite par le Département des services financiers (DFS) de l’Etat de New York d’engager un auditeur extérieur afin de s’assurer du respect de la législation antiblanchiment américaine.
L'établissement britannique est dans le collimateur du régulateur, soupçonné d’avoir contribué au blanchiment de quelque 250 milliards de dollars pour le compte de l’Iran, au mépris de l’embargo imposé par les Etats-Unis. Le DFS s’est montré sans concession, accusant la banque «d'être motivée par l’appât du gain» et soulignant une conduite néfaste pour la sûreté et la solidité de sa succursale new-yorkaise. Il a également mis en cause Deloitte & Touche, suspecté d’avoir biffé dans un rapport commandé par StanChart certaines références à des paiements pouvant se révéler litigieux. Par l’intermédiaire d’un porte-parole, le groupe d’audit a fermement démenti de telles accusations.
Alors que le scénario d’un retrait de la licence paraît peu crédible (lire l’Agefi du 9 août), le superintendant du DFS, Benjamin Lawsky, pourrait réclamer jusqu'à 700 millions de dollars pour clore l’enquête, toujours selon Bloomberg. Ces négociations sont distinctes de celles déjà en cours avec les autorités fédérales. Le Trésor américain a toutefois indiqué la semaine dernière qu’il coordonnait ses efforts avec les nombreuses parties prenantes, à savoir la Réserve fédérale, le département de la Justice, le bureau du District Attorney de New York et le DFS. Cette affaire a lourdement pesé sur le cours du titre Standard Chartered, lequel a encore perdu 2,7% vendredi, à 1.326 pence.
L’inquiétude a également gagné des régions avec lesquelles Standard Chartered entretient une relation privilégiée. C’est le cas de l’Inde où la banque centrale et des agences publiques comptent demander des détails au régulateur financier britannique sur les déboires de l'établissement, selon l’agence Press Trust of India. New Delhi entend également en savoir plus sur les mésaventures de HSBC, elle aussi pointée du doigt dans une enquête sur des faits de blanchiment.
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