Sferen ébauche la mutualisation de ses achats en assurance
Les affaires avancent à un train de sénateur pour Sferen, la Société de groupe d’assurance mutuelle (Sgam) réunissant la Macif, la Maif et la Matmut.
Les achats hors assurances constituaient le premier chantier pour Sferen, créé en 2009. Roger Belot, son président (par ailleurs PDG de la Maif), s’est montré satisfait de son avancement: «Les responsables des achats des trois groupes ont identifié les gisements d’économies dans l’informatique – le transport de données, la téléphonie et le stockage – et les moyens généraux – les consommables et l’achat d’espaces publicitaires, en place depuis cette année». Les synergies ont été encore modestes en 2010: le directeur général Paul Le Bihan cite un montant situé entre 3 et 4 millions d’euros. Elles devraient être bien supérieures en 2011. A défaut d’objectif chiffré, les responsables ont souligné qu’ils travaillaient sur une base de coûts d’environ 400 millions hors assurance.
Mais parce que les achats dans les métiers de l’assurance constituent le plus gros des dépenses (1,2 milliard pour la seule réparation), leur réduction constitue aujourd’hui la priorité. Pascal Chaillié, débauché chez BPCE, a été nommé hier en tant que responsable de l’activité. A ce stade, Sferen en est encore largement aux ébauches. Dans les dommages corporels, une commission va définir une politique commune dans la gestion des sinistres. En réparation automobile, les trois mutuelles vont sélectionner les premières synergies concernant la collision et le bris de glace. Dans les sinistres internationaux, plusieurs outils techniques ont été mis en place.
En réassurance, la mise en commun des traités climatique, responsabilité civile et individuel accident, a permis aux membres de Sferen d’acquérir 50 millions d’euros de capacités complémentaires.
Plus largement, des discussions sont également en cours au sujet de la création d’une direction financière.
Par ailleurs, Sferen a publié pour la première fois des comptes consolidés succincts. Hormis pour le chiffre d’affaires (11,1 milliards d’euros en 2010, +7,8%), les trois mutualistes ont décidé de ne pas consolider de résultats pour 2009, rendant difficiles les comparaisons. La rentabilité du groupe – en perte de 4,8 millions d’euros – a été affectée par l’impôt exceptionnel sur les réserves de capitalisation. Sans cet élément, la Sgam afficherait un bénéfice net de 78,3 millions. Ses fonds propres atteignent 4,38 milliards d’euros.
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