Scor se renforce aux Etats-Unis sur un marché en chute libre
Sur le papier, la cause est entendue. En mettant la main hier sur Generali US Holdings, Scor est devenu le premier réassureur vie des Etats-Unis. Le prix payé, de 750 millions de dollars (579 millions d’euros), complété par les résultats 2013 revenant à Generali (30 millions de dollars estimés), permettra au groupe français de comptabiliser un profit immédiat de 100 millions d’euros lié à la reconnaissance d’un «badwill». Conseillé par BNP Paribas, Deutsche Bank et Skadden, Scor paie en effet sa cible à 35% en-dessous de son embedded value. Les analystes financiers ont donc accueilli l’annonce de manière positive hier, et l’action du groupe français a pris 2,67% à 22,86 euros.
Ce que Scor ne dit pas, c’est à quel point cette transaction est dictée par les impératifs du secteur. Grâce à Generali, le groupe porte de 18% à 27% sa part de la réassurance vie aux Etats-Unis, sur la base des chiffres 2012. Mais il le fait sur un marché qui ne cesse de se contracter depuis plusieurs années et qui, par voie de conséquence, pousse les acteurs à la concentration.
La part des activités cédées par les assureurs vie américains aux réassureurs décline d’année en année. De près de 60% en 2003, le taux des cessions est tombé à 26% en 2012, selon l’enquête annuelle de Munich Re sur la réassurance vie aux Etats-Unis publiée le 16 mai. Il devrait plonger sous les 25% cette année, estimait Hannover Life Re fin 2012. Les volumes réassurés sont passés dans l’intervalle de 1.043 milliards à 446 milliards de dollars, alors que le marché de l’assurance vie, lui, n’a que très légèrement reculé.
Traditionnellement, les compagnies américaines avait beaucoup recours à la réassurance du risque de mortalité pour diminuer les exigences en fonds propres liées aux polices dites à primes nivelées (le système «XXX»). Mais ils ont engrangé ces dernières années d’autres types d’affaires nouvelles, diminuant ainsi leurs besoins de réassurance.
Le nombre de réassureurs vie actifs aux Etats-Unis s’est réduit du même coup comme peau de chagrin. Outre Scor, RGA et Swiss Re, Munich Re et Hannover Re complètent la liste. Le rachat de Generali US constitue l’une des dernières étapes de cette consolidation. Le groupe présidé par Denis Kessler a déjà grandi outre-Atlantique par croissance externe depuis 2006 avec Revios, Constellium puis Transamerica. RGA et Swiss Re, eux, se sont partagé les activités d’ING Re en 2009 et 2010.
Plus d'articles du même thème
-
Swatch rassure sur ses ventes mais pas sur sa rentabilité
Le fabricant de montres a publié un chiffre d'affaires semestriel supérieur aux attentes mais ses résultats déçoivent. -
La technologie soutient les assureurs-crédit dans leur rôle de vigie
L’analyse annuelle du marché par AU Group pointe une situation paradoxale associant risques plus forts et prix en baisse. -
Portées par le prix du pétrole, les ventes de Maurel & Prom bondissent
Le producteur d'or noir a vu son chiffre d'affaires augmenter de 27% au premier semestre.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
Acétamipride-gateAprès un débat houleux, comment l’Assemblée nationale a fini par adopter la loi d’urgence agricole
Après un débat tendu, les députés ont approuvé dans la nuit de lundi à mardi la version définitive du projet de loi d’urgence agricole, qui permet la réintroduction de deux néonicotinoïdes. La ministre Monique Barbut pourrait démissionner -
Les hauts lieux du luxe artisanal : En Isère, les Paraboot refusent de partir
Au pied du massif de la Chartreuse, à Saint-Jean-de-Moirans, les chaussures de la marque continuent d’être fabriquées là où la plupart de leurs concurrentes ont quitté la France depuis longtemps. Une manufacture discrète où le luxe ne se raconte pas à coups de slogans, mais au rythme des semelles cousues, du cuir travaillé et des gestes répétés depuis plus d’un siècle. -
Robot rockIA de défense : comment Helsing maintient des ambitions en France
Avec une récente levée de fonds de 1,8 milliard de dollars, la start-up européenne grossit encore. Moins dans l’Hexagone, où elle possède toutefois un pôle recherche très dynamique