Sberbank engage des négociations exclusives avec Dexia sur Denizbank
La course au rachat de Denizbank, filiale turque de Dexia, a pris un tournant inattendu. Dexia a en effet annoncé hier soir l’ouverture de négociations exclusives avec Sberbank. La banque russe s’était mise sur les rangs en octobre dernier puis avait jeté l’éponge faute d’entente sur le prix. «Les parties sont convenues de parvenir, dans les délais les plus brefs, à la signature d’un contrat de vente», a indiqué Dexia, sans divulguer de plus amples informations.
«Nous sommes très intéressés par Denizbank. (…) Aujourd’hui, la situation a changé et nous examinons de nouveau une acquisition de cet actif», avait déclaré jeudi matin German Gref, directeur général de Sberbank dans une interview au quotidien russe Kommersant. La priorité cette année pour Sberbank, première banque commerciale russe, est «de travailler avec le marché turc», avait-il poursuivi.
Sberbank aurait accepté de payer autour de 1,5 fois la valeur comptable de DenizBank (de l’ordre de 3 milliards d’euros sur la base d’une valeur comptable à fin mars de 2,1 milliards d’euros), ont indiqué des sources proches du dossier. Ce montant correspond aux derniers souhaits de Dexia qui avait payé un multiple de 3,4 lors de son entrée au capital en 2006. L’ouverture de négociations exclusives écarte ainsi la Qatar National Bank (QNB), qui avait relevé son offre mi-avril à un prix proche de la valeur comptable.
Aux yeux de Sberbank, Denizbank «est sans doute le plus bel actif de ce qu’il y a sur le marché turc», a estimé German Gref, dans les pages du Kommersant. En 2011, Denizbank a enregistré une hausse de 6% de son bénéfice imposable, à 270 millions d’euros.
En rachetant Denizbank, Sberbank poursuit son rythme d’acquisition soutenu afin de satisfaire ses ambitions. L’an passé, la banque russe qui prévoit de réaliser au moins 5% de ses bénéfices hors de Russie d’ici 2014, a racheté le courtier Troïka Dialog et VBI, filiale internationale de la banque autrichienne Volksbank Ovag. Sberbank, qui entend vendre 7,6% de son capital dans le cadre d’un processus de privatisation, a par ailleurs créé une coentreprise avec Cetelem, filiale de BNP Paribas, dans le crédit à la consommation en Russie.
«Nous avons fait suffisamment d’acquisitions. Désormais, il nous reste deux cibles, la Turquie et la Pologne», avait indiqué en début de semaine German Gref, dans le cadre d’un voyage aux Etats-Unis.
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