Santander trébuche au Royaume-Uni
Le litige commercial qui oppose à la Financial Services Authority (FSA) les banques britanniques, accusées d’avoir forcé leurs emprunteurs à contracter d’onéreuses assurances, a affecté les résultats de l’espagnole Santander, gros acteur outre-Manche avec Abbey. La première banque de la zone euro en capitalisation boursière affiche un résultat semestriel en baisse de 21%, à 3,5 milliards d’euros, après avoir provisionné 620 millions d’euros au second trimestre pour «couvrir les éventuelles réclamations qui pourraient se produire pour la vente d’assurances de protection de paiements au Royaume-Uni», explique-t-elle dans un communiqué.
Santander a obtenu un bénéfice d'1,39 milliard d’euros au second trimestre, en baisse de 38% et sous la barre des attentes des analystes qui n’escomptaient pas la dotation surprise. Sans cet exceptionnel, le bénéfice semestriel accuse une baisse de 7% par rapport à la même période en 2010.
«Les incertitudes» planant sur les marchés et la réforme en cours des normes de régulations britanniques forcent en outre Santander à reporter les introductions en Bourse de ses filiales au Royaume-Uni et en Argentine. «Ce ne sera pas en 2011», a assuré hier son numéro deux, Alfredo Saénz.
«La forte capacité de générer des revenus nous permettra de boucler 2011 avec un bénéfice récurrent semblable à celui obtenu l’année passée [8,18 milliards d’euros, ndlr] et de maintenir le dividende à 0,6 euro par action», assure la banque.
Le produit net des intérêts gagne 4,5% sur un an au premier semestre et se situe à 15,15 milliards d’euros, dont 7,6 milliards d’euros dégagés au second trimestre (+3,5%). Le groupe insiste sur la force de sa diversification géographique qui lui a permis de puiser ses revenus semestriels à parts pratiquement égales dans les marchés émergents (5,7 milliards d’euros) et mûrs (5,5 milliards). L’Espagne n’apporte plus que 12% des bénéfices du groupe contre 44% provenant d’Amérique latine, dont 25% du Brésil.
Son ratio de fonds propres durs atteint 9,2% tandis que le taux d’encours douteux passe à 3,78%. «Le financement adjugé au secteur construction et immobilier destiné à l’immobilier, celui de plus haut risque, se situe à 25,35 milliards d’euros», explique Santander en soulignant que ce portefeuille représente «seulement 3,4% de l’investissement en crédit du groupe». Le ratio d’encours douteux du secteur atteint 21,3%.
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