Santander poursuit la réallocation de son capital grâce aux Etats-Unis
Santander cultive son rêve américain. Embarquée dans une vaste campagne d’aménagement de son bilan, passant en 2014 ou 2015 par une introduction en Bourse de son activité au Royaume-Uni, la banque espagnole a bouclé hier avec succès celle de sa filiale américaine de crédit à la consommation et plus particulièrement automobile, Santander Consumer USA.
L’opération a permis de récolter 1,8 milliard de dollars, pour une demande dix fois supérieure selon Santander (après que l’offre a été augmentée mercredi de 65 à 75 millions de titres) et une capitalisation boursière initiale de 8,3 milliards. Santander n’engrange pourtant qu’une part du butin, voyant sa participation réduite de 4 points seulement à 61%. L’IPO a surtout offert une porte de sortie aux fonds partenaires Centerbridge Partners, KKR, Warburg Pincus et DFS Sponsor Investments, qui ont, eux, soldé la majorité de leur engagement, le directeur général conservant la sienne. 21,6% du capital existant de Santander Consumer USA ont ainsi été cédés.
Santander a précisé retirer un gain comptable net en capital de 740 millions d’euros de l’opération. Une manne qui «sera intégralement consacrée au renforcement du bilan». Le groupe a d’ailleurs dévoilé son ambition d’augmenter d’un montant pouvant atteindre 2 milliards de dollars le capital de ses activités aux Etats-Unis, qui regroupent Santander Consumer USA et Santander Bank, banque de détail active sur la Côte Est. Cela afin de «soutenir ses projets de croissance aux Etats-Unis».
Présentant en octobre dernier les résultats de Santander au troisième trimestre (avec un bénéfice sur neuf mois en hausse de 77% à 3,3 milliards d’euros), à l’issue duquel le groupe bancaire affichait un ratio core equity de 11,56% sous Bâle 2 (en hausse de 0,45 point en un trimestre et de 1,23 point sur un an), le directeur général Javier Marin avait écarté la nécessité d’une augmentation de capital du groupe. Le dirigeant disait pouvoir respecter un ratio supérieur à 9% selon les normes de Bâle 3 - un ratio que le groupe ne communique toujours pas -, sans exclure des aménagements, selon nécessité, sur certains segments d’activité ou dans certains pays.
De fait, Santander a finalisé en janvier la cession de 85% de sa filiale de gestion immobilière Altamira, au bénéfice d’Apollo Global Management, pour 664 millions d’euros, engendrant un gain net de 385 millions.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester