Saam Golshani, White & Case
Saam Golshani, White & Case
Pour Saam Golshani, entre la discipline d’un avocat d’affaires et celle d’un sportif professionnel, la frontière est ténue. « Dans notre métier, on ne peut être efficace que si l’on est en forme physiquement », assure cette « star » du restructuring fraîchement arrivée au sein de la firme White & Case, et qui confie s’imposer régulièrement des entraînements… de boxe. Il faut dire que les sensations fortes, ça le connaît. Rien ne le stimule davantage que les cas épineux et les situations de crise dans lesquels il accompagne régulièrement des investisseurs financiers et autres hedge funds. « Dans mes dossiers, il y a toujours une complexité qui crée une barrière à l’entrée. J’interviens souvent lorsque les choses se compliquent », sourit-il. A son actif, les restructurations, à son précédent poste, de Solocal, Vivarte, Latécoère, ou encore la vente de l’expert en chimie verte DRT au fonds Ardian pour plus d’un milliard d’euros.
Rien ne prédestinait Saam Golshani à un tel parcours. Elève moyen, il aspirait, au départ, à s’engager dans la Légion étrangère. « Ma mère est revenue spécialement d’Iran, dont je suis originaire, pour m’en dissuader. Elle a dit ne pas avoir envoyé ses fils faire des études à l’étranger pour qu’ils suivent cette voie. Et comme, chez nous, on ne peut rien refuser à sa mère, je l’ai écoutée », se souvient-il, amusé. Oubliée, la Légion étrangère. Il s’inscrit en faculté de droit à Aix-en-Provence, où il décroche un DEA en droit des affaires. Allocataire de recherche, il avait comme objectif, à l’époque, de faire une thèse et d’embrasser une carrière de maître de conférences. C’est l’un de ses amis, avocat chez Clifford Chance à Paris, qui, en 1997, lui propose de les rejoindre afin de donner un coup de pouce à une équipe TMT (technologies, médias, télécommunications) débordée par la préparation de la Coupe du monde de 1998. Saam Golshani se sent rapidement comme un poisson dans l’eau. A tel point qu’en 2000 le jeune avocat est débauché par le cabinet américain Willkie, Farr & Gallagher, en pleine explosion de la bulle internet. « Je me suis retrouvé à faire le service après-vente en matière de procédures collectives, mais également beaucoup d’opérations de LBO dans le domaine des télécoms et des nouvelles technologies », raconte-t-il.
Une « rencontre fortuite » avec le monde du restructuring pour celui qui, en 2005, se voit proposer l’association. Le cabinet commence cependant à recentrer sa pratique sur les LBO, et l’avocat touche-à-tout veut continuer à brasser large. En 2006, il finit par rejoindre le cabinet Orrick en tant qu’associé et participe pendant treize ans au développement de la marque. Mais, de fil en aiguille, la structure se spécialise dans la « tech » et les énergies/infrastructures. « J’ai été confronté à un choix : me concentrer à nouveau sur les technologies ou suivre mes clients qui avaient besoin d’une plate-forme internationale pour les accompagner sur des opérations complexes en ‘corporate’ finance, à la frontière entre la dette et le capital. » Saam Golshani a donc récemment rallié le bureau parisien de White & Case avec deux autres transfuges d’Orrick, Alexis Hojabr et Guillaume Vitrich. « Je vais modestement essayer de renforcer la pratique ‘private equity/restructuring’ du cabinet à Paris, en lui apportant un tropisme encore plus international, explique-t‑il. Il y a de quoi créer une belle histoire. »
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATDette émergente : les nombreux atouts de la devise locale
Selon l’indice, le spread par rapport aux bons du Trésor américain est passé de 450 points de base fin 2022 à environ 230 points de base fin juin... -
Allspring Global Investments envisage une vente
La société de gestion américaine étudie une cession qui pourrait la valoriser à environ quatre milliards de dollars. -
Cervinvest se dote d'une associée dédiée aux relations investisseurs
Le gérant nouvellement repris par deux anciens associés de Capza, Maxence Radix et Guillaume de Jongh, accueille Farah Fehaili, également passée par Capza, pour piloter le département relations investisseurs.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
- En plein défi réglementaire, Revolut fait face à une cyberattaque
Contenu de nos partenaires
-
OmbreEn vendant le F-35 à l'Arabie Saoudite, Washington risque-t-il de l'offrir à la Chine ?
L’Administration Trump a donné son aval pour la vente de 48 avions furtifs F-35 à Riyad. Ce projet de contrat nourrit les craintes de certains observateurs au sujet des pactes liant l'Arabie saoudite et Pékin -
Démocratie fictiveLégislatives en Russie : quels sont les quatre partis que le Kremlin autorise à concourir ?
Les Russes sont appelés à renouveler la chambre basse de leur Parlement. Au cours de ce scrutin sous tension et sans suspense, le pouvoir exécutif tolère la présence de quatre partis non hostiles à la guerre en Ukraine -
Affaire Renault : Rachida Dati, avocate de son contrat d'avocate
L'ancienne ministre a tenté de justifier sa mission, rémunérée 900 000 euros, par le constructeur automobile. Son interrogatoire se poursuivra lundi 21 septembre