Rome appelle ses banques à muscler leurs provisions
Un effort accru de provisionnement et une restriction des rémunérations versées aux actionnaires et aux dirigeants. La Banque d’Italie, qui menait depuis plusieurs mois des audits au sein des banques italiennes, a rappelé ces dernières à leurs devoirs dans son dernier bulletin de supervision. «La prolongation de la récession et les incertitudes sur les perspectives de reprise de la demande interne requièrent un effort supplémentaire de la part des banques, appelées à renforcer leurs provisions face à la détérioration de la qualité de leurs actifs», écrit le superviseur.
La Banque d’Italie met en avant plusieurs indicateurs qui témoignent de cette détérioration. Le taux de créances douteuses du secteur a presque triplé, de 4,5% à 12,2% des encours, entre fin 2007 et fin septembre 2012. Dans le même temps, le taux de couverture de ces encours douteux par des provisions et des dépréciations a reculé, de 45,9% à 37,9%. «La médiane des principales banques européennes que nous couvrons était de 49% en juin et septembre 2012», relève John Raymond, analyste chez CreditSights. La Banque d’Italie ne précise pas quel niveau de couverture elle souhaiterait que les banques atteignent. Seul point positif, le montant des garanties attachées aux prêts est passé de 42,3% à 50,6%.
Le superviseur prône aussi une limitation des bonus, qu’il attend «en baisse significative» au titre de 2012. Les banques qui ont fini l’année en perte nette ou opérationnelle – une fois retraitées les plus-values réalisées sur la gestion de leur propre dette – ne pourront verser de part variable à leur directeur général et aux membres des organes de supervision et de gestion. Les autres salariés de ces établissements devront toucher un bonus en baisse même s’ils ont atteint leurs objectifs personnels.
Enfin, les banques en perte, ou dont la solvabilité est inférieure à l’objectif de core tier one fixé par le régulateur, devront faire l’impasse sur le dividende. Celui-ci sera plafonné à 50% du résultat si la solvabilité dépasse de moins d’un point l’exigence de la Banque d’Italie.
Intesa, qui a déjà publié ses résultats, et UniCredit, qui les sort aujourd’hui, sont concernées à la marge par ces recommandations. En revanche, Banco Popolare, avec un taux de couverture de 34%, et Monte Paschi, dont les pertes annuelles seront annoncées le 28 mars, sont directement visées.
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