RCI Banque entend financer 20 à 25% de son bilan grâce à l’épargne en 2016
Lorsqu’elle a démarré son activité de collecte de dépôts il y a 18 mois en lançant son livret Zesto, RCI Banque, filiale de Renault, était loin d’imaginer qu’elle rencontrerait un tel succès. La captive du constructeur automobile français affiche une collecte nette de 1,6 milliard d’euros au premier semestre 2013 à travers ses produits d’épargne. L’encours total atteint 2,58 milliards d’euros et 10% de ses ressources bilan: les objectifs prévus pour la fin de l’année 2014 sont déjà atteints.
La collecte d’épargne au premier semestre a représenté environ 40% de son programme de refinancement de la période. Le solde, 2,3 milliards, a été apporté par des émissions obligataires. Une titrisation est programmée au deuxième semestre.
La collecte a été portée par le marché allemand, avec 1,4 milliard. Ce n’est guère surprenant: l’Allemagne est de loin le pays plus développé d’Europe en matière de banques de constructeurs. Volkswagen Bank, par exemple, affiche 23 milliards d’euros d’épargne.
Le livret d’épargne de RCI Bank Direkt, qui n’a été lancé outre-Rhin qu’en février 2013, a déjà réuni 1,1 milliard d’euros. Le compte à terme (décliné en quatre maturités, de un à quatre ans), lancé fin avril seulement, affiche déjà 300 millions d’encours. «La demande est telle que nous avons pu revoir le taux à la baisse trois fois pour le livret, et une fois pour le compte à terme», s’étonne encore Philippe Buros, directeur commercial de RCI Banque. Le premier sert une rémunération de 1,5%, le second de 2,4%.
En France, le développement du livret d’épargne Zesto (qui sert un compte annuel de base brut de 2%) a été plus calme, mais néanmoins deux fois plus rapide qu’anticipé. La collecte atteint 300 millions d’euros et porte les encours au 30 juin à 1,2 milliard. Le compte à terme Pepito (à taux progressif trimestriel d’une durée de trois ans, de 1,60% à 3,50%) a été lancé le 1er juillet.
Fort de ce succès, RCI Banque ne compte pas s’arrêter là. «Les agences de notation nous demandent que l’épargne représente à terme entre 30 et 40% de notre financement», souligne Philippe Buros. L’établissement s’est donc fixé un nouvel objectif: que les dépôts pèsent entre 20% et 25% de ses ressources en 2016, en fonction de la croissance des encours et des coûts de refinancement sur les marchés. Pour y arriver, RCI Banque compte notamment sur l’ouverture d’un troisième marché avant 2015, peut-être en Belgique ou aux Pays-Bas.
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