Rabobank s’apprête à payer le prix fort pour solder l’affaire du Libor
Rabobank s’est fendu d’un communiqué hier pour indiquer qu’elle attendait «sous deux semaines» la conclusion d’accords avec les autorités sur les dossiers du Libor et de l’Euribor. La banque néerlandaise, qui refuse de se prononcer sur d’éventuels montants, s’oriente donc vers une transaction avec les régulateurs américains (CFTC, DoJ), britannique (FCA) et néerlandais.
Ce pacte mettrait un terme aux poursuites portant sur des tentatives de manipulation d’un taux benchmark pour le yen. La finalisation de cet accord a été retardée en raison de la fermeture inopinée des services fédéraux américains. En revanche, Paul Robson, un ancien spécialiste des dérivés, qui a quitté la banque en 2009, court toujours le risque de poursuites pénales à titre personnel.
Selon des sources citées par le Financial Times, la facture s’élèverait à près d’un milliard de dollars (726 millions d’euros). Rabobank avait signalé en août avoir constitué au cours du premier semestre des provisions pour risque juridique. Elles sont comptabilisées à la ligne «autres passifs» qui totalisait 11,88 milliards d’euros à fin juin 2013 contre 11,07 milliards à fin décembre 2012.
Un tel montant placerait la banque néerlandaise derrière UBS qui s’est acquittée l’an dernier d’une amende record de 1,5 milliard de dollars. Du jamais vu pour l’établissement coopératif fondé en 1898, dont la sanction pécuniaire la plus importante à ce jour remonte à 2010 (150.000 euros pour des conseils inadéquats dans l’octroi d’assurances crédit).
Dans ce dossier des taux interbancaires, les pénalités infligées aux établissements britanniques s’étaient révélées plus mesurées : 390 millions de livres pour RBS et 290 millions de livres pour Barclays. Le courtier interbancaire Icap, de son côté, a écopé d’une amende de 55 millions de livres. Le montant évoqué pour Rabobank, nettement supérieur aux estimations encore livrées il y a un mois, a donc de quoi inquiéter les acteurs dont le sort reste en suspens dans cette affaire, dont les français Société Générale et Crédit Agricole.
Les autorités de régulation à travers le monde ont lancé d’autres investigations sur des manipulations présumées de benchmarks financiers. C’est le cas en Europe où les régulateurs soupçonnent une collusion sur les marchés du pétrole brut et des biocarburants, tandis que la CFTC et la FCA enquêtent sur un possible truquage de l’IsdaFix, l’indice de référence des contrats swaps de taux.
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