Rabobank introduit en Bourse ses certificats coopératifs
La coopérative néerlandaise veut améliorer la liquidité des titres et satisfaire l’appétit d’investisseurs institutionnels
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Antoine Duroyon
Les 774 millions d’euros d’amendes infligées à Rabobank pour son implication dans le scandale de la manipulation des taux Libor et la déconfiture de SNS Reaal ont semé le trouble chez ses 1,9 million de sociétaires. Selon l’établissement néerlandais, qui compte 136 coopératives locales et 10 millions de clients, le nombre de «certificats de membres» mis en vente a fortement grimpé pour atteindre 40 millions le mois dernier. Ces titres négociables mensuellement sur un marché interne représentent un volume de fonds propres estimé à 5,9 milliards d’euros, soit environ 15% du total.
Face à cette situation, la coopérative a fait part mardi de son intention d’introduire en Bourse les certificats de membres à compter de la fin janvier 2014. «L’opération vise notamment à proposer les certificats aux investisseurs institutionnels afin de créer plus de profondeur et de liquidité dans le marché», explique Bert Bruggink, directeur financier de Rabobank. Il cite en particulier l’intérêt manifesté par des fonds de pension néerlandais à la recherche d’une protection contre l’inflation.
Les certificats, qui entrent dans le calcul du ratio core tier one (CET1), seront assortis de conditions plus avantageuses afin d’attirer les investisseurs : un coupon indexé sur l’obligation 10 ans des Pays-Bas + 150 points de base, soit un rendement porté de 5,2% à 6,5%. Les certificats seront cotés à un prix indicatif de 25 euros. Rabobank estime que la capacité d’absorption de ces titres subordonnés par le marché est élevée, avec une prévision portant sur 60 millions de titres supplémentaires. Une assemblée des porteurs de certificats sera convoquée sous peu afin d’entériner ce projet, qui favorisera, le cas échéant, une levée de fonds.
Mais la banque a déjà engagé depuis plusieurs mois des actions visant à assurer une forme de liquidité, alors que l’agitation sur les marchés a bousculé les sociétaires dès 2012. A la fin de l’année, elle devrait ainsi avoir racheté depuis cette date 1 milliard d’euros de certificats (comptabilisés en tant que «treasury stock»), lesquels seront annulés. Alors que les certificats représentaient 3 points de pourcentage du ratio CET1 à fin juin (12,9%), le groupe batave entend réduire cette proportion à 2 points de pourcentage pour un ratio CET1 d’au moins 14% à horizon 2016.
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