Prudential maintient le cap sur l’Asie
A l’occasion d’une journée consacrée aux investisseurs hier sous le thème de «growth and cash», l’assureur britannique Prudential semble avoir tourné la page de l’échec de sa tentative de rachat d’AIA, filiale asiatique d’AIG, pour un montant de 35,5 milliards de dollars. Pour autant, l’Asie reste bel et bien une région d’expansion stratégique pour l’assureur qui entend ainsi doubler les bénéfices d’exploitation aux normes IFRS obtenus en 2009 en vie et gestion d’actifs – 465 millions de livres - sur ce continent d’ici à trois ans.
Sous la houlette de son directeur général Tidjane Thiam, l’assureur met aussi un point d’honneur à doubler les profits des nouvelles affaires obtenues en Asie – 713 millions de livres en 2009 - à l’horizon 2013. Dans une présentation de 82 pages, Barry Stowe, directeur général de Prudential Corporation Asia, s’est ainsi évertué à détailler la pertinence de la stratégie: le maintien du cap sur l’Asie se justifie par la croissance de la classe moyenne mais aussi par le développement d’une réglementation équilibrée favorisant l’expansion des produits d’épargne, de protection et d’investissements. S’appuyant sur une stratégie multicanal utilisant principalement les ressources de la bancassurance, l’assureur souhaite ainsi marquer sa différence au travers de l’offre de produits innovants: il revendique par exemple son rôle de pionnier dans l’assurance takaful (islamique) dans cette région.
Parmi les initiatives stratégiques, l’assureur entend cibler en particulier les clients institutionnels et souhaite se développer sur le marché japonais, où il opère en marque blanche, ainsi qu’en Chine. Le groupe s’est également fixé un certain nombre d’objectifs en matière de participation des différentes filiales à la trésorerie du groupe: l’Asie devra ainsi contribuer à hauteur de 300 millions de livres en 2013, soit plus de 7 fois les 40 millions de livres générés en 2009. Les opérations américaines Jackson vont devoir délivrer 200 millions de livres, à comparer aux 39 millions de livres apportés l’an dernier. Enfin, la feuille de route évoque un montant de 350 millions de livres pour le marché britannique en 2013 (2009: 284 millions de livres). Au total, les contributions en cumulé pour l’ensemble des divisions du groupe devraient égaler au minimum 3,8 milliards entre 2010 et fin 2013. Les nouvelles orientations du groupe semblent avoir convaincu les marchés: le titre a gagné 5,46%.
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L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse -
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