Premafin gèle les ambitions de Groupama en Italie
C’est une fin de non-recevoir que les actionnaires de Premafin, le holding qui contrôle l’assureur italien Fondiaria-SAI, ont adressé à Groupama. Ils ont fait savoir hier dans un communiqué que «dans l’état actuel des choses, les conditions justifiant la poursuite de ses discussions au sujet de l’entrée de Groupama SA au capital de Premafin ne sont plus réunies».
En octobre dernier, le groupe mutualiste français avait signé un accord avec la famille Ligresti, propriétaires du holding, pour acquérir 17,1% de Premafin et grimper jusqu'à 20% dans Fondiaria. Mais la semaine dernière, Groupama avait annoncé vouloir négocier un nouvel accord avec les Ligresti: car entretemps, le régulateur boursier italien avait émis des réserves quant à l’opération, soulevant un risque de prise de contrôle de fait des sociétés italiennes, notamment avec l’aide de l’homme d’affaires Vincent Bolloré (qui détient plus de 5% de Premafin). La Consob voulait ainsi contraindre Groupama à lancer une offre publique d’achat sur les deux sociétés.
Dans son communiqué, Premafin indique étudier d’autres solutions pour renforcer sa structure capitalistique. Le holding et sa filiale Fondiaria comptaient lever respectivement 250 et 460 millions d’euros. Mais un recours à la Bourse va être difficile dans les conditions de marché actuelles, alors que Fondiaria doit impérativement restaurer ses ratios de solvabilité. La pression pour céder sa participation dans Citylife, le projet immobilier à Milan, devrait se faire forte. Les investisseurs ont d’ailleurs très mal réagi à la nouvelle: le titre Premafin a plongé de plus de 10% en cours de journée, dans un contexte général de baisse lié au séisme japonais.
De son côté, Groupama a pris «acte du fait que la famille Ligresti étudie des solutions alternatives à son entrée au capital de Premafin». Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le mutualiste «reste disponible pour examiner toutes les solutions possibles dans le cadre d’une évolution éventuelle du dossier». Mais l’affaire semble entendue, comme l’espoir de se renforcer à court terme en Italie, le deuxième marché du groupe. «Groupama poursuivra son plan de développement sur le marché italien de l’assurance […], en s’appuyant sur la dynamique de croissance qui est la sienne et en étudiant les opportunités qui se présenteront», explique laconiquement l’assureur.
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Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse