Poker menteur autour de la renégociation de l’accord entre l’Ecureuil et CNP Assurances
BPCE, l’organe central des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires, a sorti l’artillerie lourde en prévision de la renégociation des accords entre CNP Assurances et ses distributeurs (l’Ecureuil et La Banque Postale). Ces accords, conclus en 2006, courent jusqu’au 31 décembre 2015, mais seront revus à partir du mois prochain.
Selon les Echos, BPCE a chargé Rothschild – dont le groupe est proche – d’évaluer les scénarios de sortie: or, pour l’assureur vie, les Caisses d’Epargne sont un partenaire de premier plan. En effet, la CNP distribue l’essentiel de ses produits à travers les réseaux de La Banque Postale (avec laquelle elle a réalisé 40% de son chiffre d’affaires français au premier semestre) et de l’Ecureuil (37%). En outre, ces deux groupes bancaires contrôlent à parité, via la holding Sopassur, 36% de la CNP, derrière la Caisse des dépôts (CDC), à 40%.
Les avis divergent quant au risque encouru par la CNP. «L’accord a été négocié alors que les marchés étaient en hausse: les produits de la CNP distribués par le réseau rouge dégagent de faibles marges. Le partage de la valeur ajoutée se fait nettement en sa défaveur», souligne un analyste, qui sous-entend que l’assureur-vie aurait peu à perdre d’une non-reconduction de l’accord. En 2012, l’assureur-vie avait versé près de 1,4 milliard d’euros à ses deux principaux partenaires – dont BPCE récupère la majorité.
«Si le partenariat prend fin, seuls les nouveaux contrats distribués par les Caisses seraient concernés», ajoutent les analystes d’Oddo Securities, restés neutres sur le titre. La CNP conserverait les 110 milliards d’euros d’encours, dont 80 milliards sont d’ailleurs gérés par Natixis AM.
La logique pure plaide pour une cessation du partenariat: depuis la création de BPCE, l’Ecureuil a vocation à distribuer les contrats de Natixis Assurances, qui produit déjà ceux des Banques Populaires. Mais, actionnaire de la CNP, il n’a pas intérêt à l’affaiblir, de même qu’il n’a pas intérêt à fâcher l’Etat, l’assureur vie étant le premier contributeur au résultat de la CDC.
«La sortie de BPCE aurait un impact négatif sur la valorisation du titre, mais notre sentiment est que cette menace est davantage un moyen de pression. En cas de sortie de BPCE de la structure actionnariale, l’un des scénarios possibles pourrait être un rachat par la CDC de la part des Caisses d’Epargne», conclut Oddo. Le titre n’a reculé que de 1,2% vendredi, cloturant la séance à 13,3 euros.
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