Oddo & Cie réaffirme ses ambitions en banque privée avec Banque Robeco
Oddo & Cie est entré en négociations exclusives pour l’acquisition de Banque Robeco, la banque privée française du groupe éponyme affilié à Rabobank. Le groupe Robeco conserve en revanche sa branche de gestion d’actifs parisienne. «L’opération devrait être close à la fin du premier trimestre 2011, précise à L’Agefi Philippe Oddo, associé-gérant d’Oddo & Cie. L’intégration des équipes se ferait alors dans le trimestre suivant.» Les 77 salariés de Banque Robeco, y compris ceux des fonctions support et du back-office, pourraient conserver leur emploi. Et Michel Maillard, son président du directoire actuel, devrait trouver sa place dans ce que le patron d’Oddo & Cie (dont la famille détient 42 %) qualifie de «partnership», les managers disposant de 30% du capital (L’Agefi hebdo du 30 septembre). Car ce rachat prend place dans une logique de croissance du métier de la banque privée dans un groupe qui repose à la fois sur la banque d’investissement et la gestion de capitaux.
«Aujourd’hui, la banque privée constitue un peu moins de 10% de notre activité globale, souligne Philippe Oddo. Nos actifs sous gestion s’élevaient à 3,7 milliards. Banque d’Orsay est venue les renforcer de 350 millions d’euros. Avec Banque Robeco, c’est un montant de 1,3 milliard d’actifs qui s’ajoute. Nous pensons ainsi entrer parmi les trois ou quatre premiers acteurs indépendants en France.» Prompte à des opérations de croissance externe dans un domaine où elle ne peut guère compter pour son développement que sur la recommandation de ses clients et sur les passerelles avec sa banque d’affaires, Oddo & Cie doit encore mener l’intégration de Banque d’Orsay, dont la cession effective par WestLB date du 30 novembre, au premier trimestre 2011.
La tâche n’est peut-être pas si simple concernant des entités dont la santé n’était pas florissante. Si sa gestion conseillée par internet est un atout supplémentaire pour Oddo, Banque Robeco a fini l’année 2009 avec un résultat négatif de 397.000 euros pour un produit net bancaire de 18 millions. Malgré tout, «si l’on prend l’hypothèse que l’on réalise cette acquisition pour un montant inférieur aux fonds propres, celle-ci n’aura que des effets positifs pour nous», soutient Philippe Oddo. Au 31 décembre dernier, Banque Robecco affichait 25,5 millions d’euros de fonds propres, dont 21 millions de capital social.
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