Moody’s limite ses sanctions envers les banques françaises
Les banques françaises paient leur exposition à la Grèce. Moody’s a annoncé hier matin la dégradation d’un cran de la dette à long terme et des dépôts du Crédit Agricole à «Aa1» et de la Société Générale (SG) à «Aa3», entraînant une chute du cours des actions des deux banques à l’ouverture des marchés de respectivement 3,5% à 4,99 euros et 5,6% à 16,88 euros. L’agence conserve une perspective négative sur la note de la SG, estimant les nouveaux ratings plus «en adéquation avec l’exposition des banques à l’économie grecque».
La décision de Moody’s était pourtant largement anticipée par les marchés comme l’a indiqué le président de l’AMF, Jean-Pierre Jouyet. Elles avaient été placées sous surveillance négative le 15 juin. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a rappelé que Moody’s «avait une note plus haute que celle des autres agences», et qu’il ne s’agit donc que d’un réajustement. Il précise en outre que «les banques françaises ont un excellent rating, identique à celui des autres grosses banques européennes telles que HSBC, Barclays, Deutsche Bank, Credit Suisse».
La SG qui était menacée d’une baisse de deux crans, un étant attribuable à la réévaluation du risque systémique et l’autre à son exposition à la Grèce, n’a finalement été dégradée que d’un cran du fait du seul critère systémique. Moody’s précise que son niveau de fonds propres est suffisant pour absorber des pertes potentielles sur ses avoirs en obligations souveraines grecques. Et d’ajouter qu’elle restera capitalisée à un niveau compatible avec son Bank Financial Strength Rating, même si la qualité de la signature de l’Irlande et du Portugal venait à se dégrader encore.
De son côté, le Crédit Agricole a indiqué dans un communiqué qu’il allait mettre en place d’ici début décembre un mécanisme de soutien formel à CA CIB «sous la forme d’une garantie générale, ou à travers l’affiliation de CA CIB par Crédit Agricole SA». Sa filiale, notée «Aa3» par Moody’s, fait actuellement l’objet d’un examen de l’agence de notation. RBS estime qu’il semble «juste que Moody’s ne pénalise pas tout de suite les banques pour l’impact que peut avoir la fragilité des marchés sur leur profil de crédit».
De sources Reuters, les banques françaises, Crédit Agricole et Société Générale en tête, auraient très fortement réduit cette semaine leurs positions sur le marché des dérivés de matières premières en Asie.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah