Monte Paschi compte sur Axa pour trouver des relais de croissance
Monte dei Paschi di Siena (MPS) se prépare, tout comme l’Italie, à des années de rigueur. Le plan stratégique 2015 dévoilé hier est emblématique du profond changement à l’œuvre dans les banques. Cessions, fin de la course aux volumes, recherche de liquidité, suppressions de postes et même fermetures d’agences: le groupe utilisera tout l’arsenal disponible en matière d’austérité. Rayon croissance, tout de même, MPS vise la place de numéro un de la bancassurance en Italie grâce à son accord à 50-50 avec Axa, noué en 2007. La compagnie française est rassurée.
La troisième banque italienne espère ainsi porter de 34% à 47% le poids des commissions dans ses revenus, grâce à la croissance de l’assurance vie et dommages et de la banque privée. A horizon 2015, 24% de ses clients bancaires devront être équipés en polices d’assurance, contre 7% aujourd’hui.
Pour le reste, les mesures de réductions de coûts annoncées sont «sans précédent en Italie», selon Kepler. MPS supprimera 4.600 postes, dont 2.300 à travers l’externalisation de ses back-offices. Environ 400 fermetures d’agences, sur un réseau de 2.900 points de vente, sont au programme. D’ici à 2015, le groupe vise 565 millions d’euros d’économies.
Monte Paschi compte par ailleurs réduire de 131% à 110% le ratio de prêts sur dépôts dans ses activités commerciales. Elle veut aussi ramener à zéro en 2015 les financements reçus de la BCE, qui atteignaient 30 milliards d’euros fin 2011. La moitié de la baisse proviendra de la vente du réseau Biverbanca, annoncée hier, et de celle du crédit à la consommation (6,4 milliards d’encours) et du leasing (5 milliards), en 2013. Même sans ces cessions d’actifs, l’encours de prêts doit décroître de 0,7% par an. Le portefeuille de titres, lui, sera réduit de 7%.
Grâce à ce remède de cheval, et après de nouvelles dépréciations de survaleurs prévisibles au 30 juin, MPS compte atteindre un bénéfice net de 630 millions d’euros en 2015. A cette date, son ratio de fonds propres durs sous Bâle 3 (CET1) n’aura cependant que peu progressé, de 7,73% à 8,07%. La banque doit en effet rembourser dans l’intervalle les aides reçues de l’Etat, soit 1,5 milliard demandé hier en plus du 1,9 milliard reçu en 2009. Sur ces 3,4 milliards, il lui restera encore 475 millions en 2015. A moins que MPS ne parvienne à réaliser d’ici là l’augmentation de capital d’un milliard d’euros qu’elle envisage.
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