« Mesurer la capacité des gens à bien travailler ensemble »
Robert Zuili, fondateur du cabinet de conseil en RH Emosense, éditeur de Profeel RH
Comment décririez-vous votre solution ?
C’est une application de matching professionnel validée scientifiquement sur un panel de plus de 2.500 salariés. Elle a été mise sur le marché début 2017. En tant que psychoclinicien, j’ai pu constater, au fil des années, que la qualité du lien entre les personnes dépend de la qualité de leurs interactions émotionnelles – qui peuvent aussi être source de mal-être au travail. Nous avons formalisé cette théorie et en avons élaboré cinq algorithmes (entente immédiate, compatibilité profonde, complémentarité, ressemblance et risque de conflits), afin de mesurer la capacité des gens, via leur profil émotionnel, à bien travailler ensemble.
Qu’apporte-t-elle concrètement dans le cadre d’un recrutement ou d’une mobilité ?
Nous ne sommes pas dans le jugement de valeur. Et il ne s’agit pas de désigner le « meilleur » candidat, mais de proposer le meilleur candidat pour une équipe et son manager. Nous savons que la compétence n’est pas le facteur clé de succès. Il est difficile, par exemple, de travailler avec quelqu’un de très compétent mais d’arrogant, alors qu’on peut très bien faire grandir un candidat plus « coopérant ». Et, selon le style de management, une personne perçue comme dilettante sera mise à l’écart, alors qu’elle est tout simplement sereine et peut amener de la performance. L’émotion fonctionne comme un système de réalité augmentée. Notre solution permet aux RH de prendre du recul et d’objectiver les choix, en expliquant au manager pourquoi un candidat n’est pas recommandé, sauf à travailler sur tel ou tel axe pour éviter que la relation ne s’altère.
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