Londres trouve un accord a minima avec ses banques sur les bonus
Après des mois de négociations, le chancelier de l’Echiquier, George Osborne, a dévoilé hier les grandes lignes du projet «Merlin» devant la chambre des communes. 24 heures après avoir critiqué l’imposition d’un supplément de taxe de 800 millions de livres, les banques britanniques ont finalement accepté de prêter plus de 10 milliards de livres supplémentaires aux entreprises cette année, portant le total à 190 milliards de livres. En revanche, le gouvernement britannique ne semble pas être parvenu à imposer une réduction drastique du montant des bonus accordés.
Le Chancelier a certes fait valoir que les quatre grandes banques britanniques (Barclays, HSBC, LBG et RBS) avaient accepté que l’enveloppe totale des bonus soit inférieure à celle de l’année dernière – et inférieure à celle qu’elle aurait pu être sans l’accord conclu hier. Le gouvernement s’est aussi assuré que les banques dévoilent les salaires de leurs membres du conseil d’administration et de leurs dirigeants les mieux rémunérés, soit un minimum de sept personnes, un chiffre supérieur à celui imposé aux Etats-Unis ou à Hong Kong, selon les déclarations du Chancelier. Mais cette disposition ne s’applique pas aux traders les mieux payés pas plus qu’aux banquiers d’investissement dont les packages restent pour le moins controversés.
En dépit de cet accord, le montant des bonus des dirigeants restera élevé. Peu après la déclaration de George Osborne, RBS a annoncé que son directeur général Stephen Hester percevrait un bonus de 2,04 millions de livres et que l’enveloppe des bonus pour sa division de banque d’investissement serait inférieure à 950 millions de livres, comparé à 1,3 milliard de livres l’année dernière. De son côté, Lloyds Banking Group a indiqué qu’il accorderait un bonus de 1,45 million de livres à Eric Daniels, son directeur général sur le départ. Les deux banques britanniques, partiellement nationalisées, ont cependant écopé d’une contrainte : RBS et LBG se sont ainsi engagées à ne verser aucune prime en numéraire dépassant 2.000 livres (environ 2.300 euros) à leurs salariés, et aucune prime en numéraire à leurs plus hauts dirigeants.
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