L’OCDE mettrait en lumière l’insuffisance de fonds propres des banques européennes
Le niveau souhaitable de fonds propres des banques du Vieux continent continue de faire tourner les moulinettes de calcul. Dernier état des lieux en date, selon le magazine allemand WirtschaftsWoche, celui de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE. Cette dernière estimerait dans une étude que les banques européennes souffrent actuellement d’une insuffisance de fonds propres de quelque 84 milliards d’euros.
Le Crédit Agricole subirait selon cette analyse du déficit le plus criant, évalué à 31,5 milliards d’euros, sans qu’il soit précisé si l’OCDE fait référence à l’entité cotée en Bourse Crédit Agricole S.A. où à sa maison mère. Deutsche Bank et Commerzbank suivent la banque française en affichant des insuffisances respectives de 19 et 7,7 milliards d’euros.
Bien qu’ayant utilisé une méthode différente de calcul des déficits, l’OCDE estime que la Banque centrale européenne arrivera aux mêmes conclusions à l’issue de son audit et de ses tests de résistance des banques européennes, selon les commentaires de l'étude rapportés par le magazine allemand. Deutsche Bank a annoncé ce mois-ci que son ratio de la valeur corporelle de ses capitaux propres attribuables aux actionnaires ordinaires, le ratio common equity tier 1, s’élevait à 9,7% à fin décembre 2013, et son ratio de levier à 3,1%. Crédit Agricole, qui doit publier ses résultats du quatrième trimestre le 19 février, a annoncé un ratio de capital core tier 1 de 9,4% au 31 septembre, tandis que Commerzbank a annoncé un ratio de 12,7% à la même date. C’est dans ce contexte que l’autrichienne Raiffeisen a pressé le pas la semaine dernière et levé plus de capital que prévu, avec 2,8 milliards d’euros, ou que Banco Popolare a annoncé vendredi que son conseil d’administration avait approuvé une augmentation de capital pouvant aller jusqu'à 1,5 milliard d’euros, la banque italienne concédant que l’année écoulée devrait se solder par une perte nette de 600 millions.
Samedi à Davos, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a dit souhaiter que les tests de résistance menés par la BCE révèlent des «mauvaises nouvelles». Ces «choses déplaisantes» pourraient en effet à ses yeux attester de la crédibilité du processus d'évaluation.
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