L’Italie se dirige à grands pas vers un sauvetage de Monte dei Paschi
Le Parlement italien a voté l’enveloppe de 20 milliards d’euros dédiée aux banques, alors que l’appel au marché de MPS semblait hier voué à l'échec.
Publié le
Alexandre Garabedian
Le palais Montecitorio à Rome où siègent les députés italiens.
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Photo Camera dei deputati.
La perspective d’un sauvetage public de Monte dei Paschi di Siena a pris un peu plus de corps hier. La Chambre des députés italienne a approuvé mercredi par 389 voix contre 134 l’autorisation donnée au gouvernement à accroître la dette publique pour consacrer jusqu’à 20 milliards d’euros au renflouement du système bancaire. Le Sénat en a fait autant à 221 voix contre 60. Le décret-loi précisant les conditions de cette intervention, et notamment le remboursement a posteriori des petits porteurs d’obligations subordonnées qui subiraient un «bail-in», doit être publié dans les prochains jours.
Une partie de l’enveloppe devrait être utilisée très rapidement dans le dossier MPS, dont l’appel au marché semblait hier soir voué à l'échec. La banque a lancé lundi un projet d’augmentation de capital de 5 milliards d’euros, mais sans avoir pu convaincre un investisseur de référence comme le Qatar. La taille de cette opération dépendait aussi du succès de l’offre d’échange de dette contre actions ouverte en parallèle. Celle-ci avait attiré un milliard d’euros dans un premier temps. Elle a été prolongée cette semaine et s’est achevée hier à 14 heures. Au total, 2,45 milliards ont été apportés, plus que l’objectif fixé mais pas assez pour diminuer de manière significative les besoins du groupe et créer un effet d’entraînement vis-à-vis des bailleurs de fonds privés. Le troisième volet du plan, la cession de 28 milliards d’euros de créances douteuses, était lui aussi menacé hier soir, selon le FT.
Tous les éléments de l’équation étant liés, Quaestio Capital, le gérant du fonds de place Atlante, avait prévenu qu’il refuserait de participer au sauvetage si celui-ci prévoyait une injection de fonds publics supérieure à un milliard d’euros, doublée d’un «bail-in» des créanciers.
Pour ne rien arranger, la banque n’a cessé de communiquer au marché de nouveaux facteurs de risques, comme l’y oblige la réglementation. En annonçant, hier, que ses 10,6 milliards d’euros de trésorerie nette au 16 décembre seraient épuisés en 4 mois et non en 11 mois comme indiqué précédemment, Monte dei Paschi a contribué à faire dévisser son action de 19% en séance. Le prix des dettes subordonnées a continué sa dégringolade, de plusieurs points pour certaines souches, dans la perspective d’une mise à contribution des créanciers.
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