L’Irlande donne un coup de fouet au secteur bancaire pour se restructurer
Epaulée par BlackRock Solutions, la banque centrale irlandaise a dévoilé hier le résultat des stress tests (tests de résistance) appliqués à quatre établissements domestiques. Verdict: le système bancaire irlandais nécessite 18,7 milliards d’euros pour atteindre l’objectif d’un ratio core tier one de 10,5% dans le scénario de base et de 6% dans le scénario adverse.
Compte tenu d’un «matelas de précaution» ajouté par la Banque d’Irlande, la facture grimpe à 24 milliards d’euros. Allied Irish Banks (AIB) se révèle la plus gourmande (13,3 milliards), suivi par Bank of Ireland (5,2 milliards), Irish Life & Permanent (ILP, 4 milliards) et EBS (1,5 milliard). Ces injections de fonds propres leur donneraient en l’état des ratios de fonds propres durs pro forma faramineux: 21,9 % pour AIB (contre 3,7% fin 2010) ou 32,4% pour ILP (contre 10,6%).
Pour assurer cet effort, l’Irlande va fournir 17,5 milliards d’euros sur ses ressources propres. Les banques ont déjà reçu 46 milliards d’euros de la part de l’Etat irlandais. Cette vague de recapitalisation va s’accompagner d’une restructuration en profondeur du secteur bancaire. Deux banques universelles vont ainsi émerger.
D’un côté, Bank of Ireland, détenue à 36% par l’Etat et qui va se délester de 30 milliards d’euros d’actifs d’ici 2013. L’établissement «deviendra de manière significative davantage focalisée sur son marché domestique (…)» avec «des activités limitées sur les marchés de capitaux», a souligné le ministère des Finances. D’un autre côté, AIB et EBS constitueront le second pilier du modèle irlandais de banque universelle. L’entité fusionnée va se séparer de 23 milliards d’euros d’actifs non stratégiques d’ici deux ans.
Cette remise à plat passera également par ILP, «impliquant selon toute probabilité une participation majoritaire détenue par le gouvernement». Le bancassureur était jusqu’à ce jour la seule institution financière à ne pas avoir bénéficié d’un soutien public. La banque va lancer le processus de vente de son activité d’assurance vie (1,6 milliard d’euros de valeur intrinsèque) et la cession de 10 milliards d’euros d’actifs jugés secondaires viendra alléger le bilan. Autant de mesures qui doivent permettre à l’Irlande de «briser ses liens avec son passé bancaire toxique».
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