L’impact du séisme nippon est inégal selon les réassureurs européens
Le coût financier du désastre japonais s’affine et ne concourt pas à l’optimisme. Hier, les deux derniers grands réassureurs européens, Munich Re et Hannover Re, ont publié leurs estimations.
L’exercice 2011 s’annonce d’emblée difficile pour Munich Re. Le premier acteur mondial a indiqué que le tremblement de terre lui coûterait environ 1,5 milliard d’euros de résultat avant impôt, rendant l’objectif de bénéfices en 2011 (2,4 milliards) inatteignable. Ce dernier était déjà compromis par l’accumulation de catastrophes au cours du premier trimestre: la facture pour le séisme en Nouvelle-Zélande, les inondations et le cyclone Yasi en Australie est estimée à 1,1 milliard d’euros.
Les pertes au Japon sont essentiellement liées aux risques commerciaux. Le groupe rappelle que «le secteur privé de l’assurance ne sera pas affecté significativement par les accidents provenant de la centrale nucléaire de Fukushima». Il n’en reste pas moins que Munich Re est le réassureur le plus touché financièrement par le séisme, comme par l’ensemble des catastrophes depuis le début de l’année, devant Swiss Re (voir le graphique). Des expositions logiques par les places qu’ils occupent sur le marché.
De son côté, Hannover Re annonce plus succinctement un impact de 250 millions d’euros avant impôts concernant le Japon. Les catastrophes naturelles de ce début d’année «ont coûté 7,7 milliards de dollars aux quatre grands réassureurs européens, écrit William Hawkins, analyste chez KBW. Ce montant représente un peu moins du cinquième des dommages assurés, estimés à 40 milliards de dollars. Cette proportion limitée peut refléter la structure des couvertures propres à chaque marché, mais aussi le risque que les estimations n’ont été établies qu’à partir de modèles, non pas à partir d’une évaluation sur le terrain».
{"title":"","image":"76887»,"legend":"r\u00e9assureurs : co\u00fbt des catastrophes naturelles 2011","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en zone euro peut encore éviter la panne
Les nouvelles difficultés liées à la guerre ont fortement assombri les perspectives économiques, selon les enquêtes sur le climat des affaires. Cependant, l’industrie amortit le choc constaté sur la demande intérieure, et cela pourrait durer encore un peu. -
La finance française s'organise pour peser sur le débat présidentiel autour de la retraite par capitalisation
Chercheurs, investisseurs institutionnels, gérants et acteurs de l'épargne salariale se sont réunis le 22 avril 2026 lors d'un colloque organisé par la chaire Transitions Démographiques Transitions Economiques pour présenter un front commun en faveur d'une dose de capitalisation dans le système de retraites français, à un an de l'élection présidentielle. -
Les devises ne succombent pas encore à l’euphorie des marchés
Un certain nombre de devises se sont reprises depuis l’annonce d’un cessez-le-feu entre les Etats-Unis, l’Israël et l’Iran le 8 avril, mais très peu sont vraiment revenues à leur niveau d’avant-guerre.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
Contenu de nos partenaires
-
VerrouLe RN à l’assaut du front syndical
Après avoir courtisé les patrons, le Rassemblement national tente de forcer la porte des syndicats. Mais le rééquilibrage se heurte à une défiance tenace -
En Allemagne, l'AfD plébiscitée par les ouvriers, tenue à distance par les syndicats
La formation d'extrême droite sait exploiter les craintes pour l'emploi suscitées par les mutations de l'industrie -
PépiteIndustrie pharmaceutique : l’OPA à 2,5 milliards de dollars de Servier sur une biotech américaine
Le deuxième groupe pharmaceutique français a annoncé jeudi avoir finalisé l’acquisition de Day One Biopharmaceuticals, spécialisé dans l'oncologie