L’IIF s’inquiète des propositions du Comité de Bâle sur la liquidité
Plutôt de s’attaquer aux effets des politiques non coordonnées et des déséquilibres monétaires macroéconomiques, il serait plus pertinent de traiter le manque actuel de coordination politique». C’est du moins le point de vue de l’International Institute of Finance (IIF), qui a tenu une conférence jeudi à la veille du G20 Finance. L’IIF propose l’idée d’un «grand marchandage» au cours duquel un petit groupe, à mettre en place au niveau des chefs de gouvernement, s’accorderait sur des approches pour traiter les grandes questions économiques et politiques mondiales et effectuer des engagements concrets, avec l’aval du G20. Un processus qui nécessiterait aussi des actions de suivi et correctives.
L’IIF craint par ailleurs les effets du renforcement de la réglementation. «Il y a une préoccupation constante que les réformes actuellement en cours et celles non encore finalisées viennent ralentir la croissance économique et fragmenter davantage le système financier mondial», précise l’institut qui encourage les ministres des Finances du G20 à davantage s’interroger sur les effets macroéconomiques cumulés des réformes.
A propos à Bâle 3, le lobby bancaire international a de sérieuses réserves sur de nombreuses propositions faites, notamment en matière de liquidité. «Les propositions actuelles sur la liquidité, telles qu’actuellement formulées, pourraient réduire la capacité des banques à fournir un certain nombre de services de base, comme les lignes de crédit de back-up, critiques pour les entreprises, ainsi que le financement des municipalités et des activités de commerce international», alerte l’IIF.
Quant au traitement réglementaire des banques systémiques, les «SIFI», l’IIF estime qu’assimiler le risque systémique à un groupe de sociétés identifiées sur des critères statiques et subjectifs ne sera pas efficace. L’association appelle les leaders du G20, d’une part, à se concentrer sur les décisions déjà prises à cet effet, plutôt que de pousser à de nouvelles exigences de capital, et d’autre part à clarifier quels instruments de capital seront utilisés pour satisfaire les différentes strates des exigences en capitaux. Afin de permettre une sortie ordonnée des institutions financière défaillantes sans recours significatif aux contribuables, l’IFF pousse enfin à la création d’un cadre transfrontalier pour la résolution des crises.
Plus d'articles du même thème
-
Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
La présidente de l'autorité monétaire pourrait s'impliquer dans la campagne française, notamment si «une perspective réductrice de l'ancrage français au sein de l'Europe» s'installait dans le débat. -
La liste des acteurs crypto PSAN mise à jour post-MiCA
En France, l'Autorité des Marchés Financiers a enregistré plus de 200 sociétés Prestataires de Services sur Actifs Numériques (PSAN) depuis 2023. Avec l'arrivée de la réglementation européenne MiCA, le régulateur français a octroyé seulement une trentaine d'agréments. La plupart des PSAN ont arrêté leurs activités ; d'autres ont été agréés dans d'autres pays. -
Claire Balva (Adan) : «Il est trop tôt pour dire que la réglementation MiCA a été bénéfique pour l'industrie crypto»
Sur plus de 200 fintechs enregistrées auprès de l'Autorité des Marchés Financiers ces trois dernières années, seule une trentaine ont été agréées MiCA. Claire Balva, présidente de l'Adan, principal lobby crypto en Europe, nous livre ses conclusions au lendemain de la date limite du règlement.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Contenu de nos partenaires
-
« Une dérive vers un capitalisme d’Etat » : OpenAI négocie avec l’État américain une entrée à son capital
Le PDG de la société américaine d'intelligence artificielle discute avec Washington pour céder 5 % de ses parts dans un contexte inédit où la Maison Blanche étend son emprise sur la tech sous couvert de sécurité nationale et d’intérêt public -
Vie persoReset : deux belles adresses pour souffler et vous faire du bien
Break dans une semaine trop dense ou échappée iodée, à vous de voir par quoi commencer… vous en ressortirez détendus et de bonne humeur ! -
TribuneLa longévité pour tous, un vrai progrès de société – par Sophie Boissard
A moins d’un an de la présidentielle, la France peine à intégrer le défi d’une population de 80 ans et plus en forte hausse, un enjeu clé pour la santé publique et l’économie du pays