L’expansion géographique de Banco Santander passe par la Pologne
Banco Santander cherche à se départir de son exposition au marché domestique. La banque espagnole a annoncé avoir proposé quelque 16,6 milliards de zlotys (4,3 milliards d’euros), soit 226,89 zlotys par action, pour racheter la totalité des parts de l’établissement polonais Bank Zachodni WBK. L’offre devrait être finalisée entre le 24 février et le 25 mars et reste soumise au feu vert des autorités de régulation polonaises. Après avoir racheté les 70,4% détenus par Allied Irish Bank l’année dernière, la loi polonaise obligeait Santander à faire une proposition pour les 30% de parts minoritaires. Le prix proposé représente une prime de 10% par rapport au cours de clôture de vendredi et valorise le reliquat des parts de Zachodni à 1,7 milliard d’euros. «Le prix est en ligne avec les attentes, mais les investisseurs sont surtout ravis de connaître le calendrier de l’offre», indique un analyste chez IDM SA brokerage cité par Reuters.
L’introduction en Bourse de sa filiale brésilienne, et celles prévues des filiales argentines et britanniques, traduisent également la stratégie de recentrage géographique des activités de la banque. Le marché domestique ne représente que 15% des résultats du groupe. Avec le rachat des 318 agences RBS au Royaume-Uni pour environ 2 milliards d’euros, le marché britannique pèse aujourd’hui près de 20% des résultats de Santander. Mais les marchés émergents restent le pari stratégique de la banque avec une exposition de 25% de ses résultats sur le marché brésilien et de près de 20% sur le reste de l’Amérique latine. Cette diversification a fortement contribué à soutenir les résultats en 2010.
La baisse de 8,5% du bénéfice net de la banque sur l’exercice 2010 à 8,18 milliards d’euros, à mettre au passif des provisions liées à la crise du marché immobilier en Espagne, ne fait que confirmer la légitimité de sa volonté de réduire son exposition au marché domestique. D’ailleurs, Santander, à l’instar de sa concurrente BBVA, ne souhaite pas s’aventurer dans un éventuel rapprochement des caisses d’épargne espagnoles (Cajas). Même si celles-ci contrôlent la moitié du marché des particuliers en Espagne, une telle opération ne ferait qu’alourdir le poids des créances hypothécaires toxiques des ménages espagnoles dans les actifs de Santander et alimenter les craintes des marchés. Ce qui serait vu d’un mauvais œil de la part des autorités espagnoles.
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