L’Espagne nationalise trois « cajas » avec des valeurs à la casse
Le gouverneur de la Banque d’Espagne Miguel Angel Ordoñez a annoncé que le processus de recapitalisation des caisses d’épargne espagnoles entamé en 2009 s’est achevé vendredi avec l’injection de 7,55 milliards d’euros de fonds publics et la captation de 5,84 milliards d’euros de fonds privés, soit un total de 13,4 milliards d’euros. En début d’année, l’Espagne avait chiffré à 15,152 milliards d’euros l’ensemble de leurs besoins en capitaux.
Les 7,551 milliards de fonds public ont servi, via le fonds d’aide au secteur (Frob), à la recapitalisation de quatre caisses d’épargne: Novacaixagalicia, CatalunyaCaixa, Unnim et la CAM après l’obtention cette semaine du feu vert de Bruxelles. «L’Etat possède ainsi 100% d’Unnim, 93% de NCG et 89% de CaixaCatalunya», a déclaré le gouverneur. Pour Joaquim Mauros, professeur d’économie à l’université de Valence, «la mauvaise nouvelle est que la recapitalisation de ces entités s’est réalisée en fonction d’une valeur très faible». Novacaixagalicia a en effet été payée à 12% de sa valeur comptable, CatalunyaCaixa à 9% et Unnim reprise pour l’euro symbolique. «Ces valeurs révèlent des anticipations de nouvelles provisions sur les portefeuilles immobiliers et de promotion des caisses sauvées», notait vendredi Carmen Muñoz, chez Fitch. Ce qui pourrait laisser craindre des besoins en fonds propres chez d’autres caisses.
Pourtant le gouverneur a insisté sur le bilan positif du processus de recapitalisation des cajas et a déclaré que la stratégie poursuivie a été adoptée «en fonction du moment et des circonstances». Ces circonstances avaient en effet obligé la banque centrale à fixer en février 2011 de meilleurs ratios de solvabilité, imposant aux entités d’avoir au moins 8% de fonds propres voire 10% pour celles non cotées en Bourse ou qui n’auraient pas cédé au moins 20% de leur capital aux investisseurs privés.
Commencé en 2009, le processus de recapitalisation s’est achevé selon le calendrier fixé par la banque centrale. Deux entités ont trouvé leurs capitaux grâce à une entrée en bourse (Bankia et Banca Civica), deux autres en captant des investisseurs privés (BMN et Liberbank), trois par une injection de fonds publics, et une autre en fusionnant (Caja EspañaDuero). Seules deux entités, BMN et Liberbank ont obtenu un délai supplémentaire de 25 jours pour finaliser leur plan de recapitalisation.
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