Les valeurs bancaires resteront sous pression en 2019
Les banques viennent de signer une année désastreuse en bourse, surtout en Europe. L’indice Stoxx Europe 600 Banks a, en effet, cédé de 28% sur l’année 2018. C’est son plus fort recul depuis 2011. Dans la zone euro, l’indice EuroStoxx 50 a, pour sa part, perdu 33,29% sur un an avec des chutes spectaculaires comme celle de Deutsche Bank, dont l’action a baissé de 56% en 2018. Pas brillantes non plus, les actions des banques françaises Société Générale, BNP Paribas et Natixis ont plongé respectivement de 35,4%, 36,6% et 37,6% sur l’année. Crédit Agricole SA a perdu 31,6%.
Les banques américainesont aussi reculé mais plus légèrement avec l’indice Dow Jones US Banks en baisse de 18,5% en 2018. «La faiblesse des taux en Europe pèse sur la rentabilité des banques européennes » tandis que «les possibilités de croissance sont limitées», analyse le courtier Tullett Prebon. En conséquence, les investisseurs ne valorisent pas les banques européennes à hauteur de leurs actifs contrairement aux banques outre-Atlantique. Les banques en Europe sont ainsi cotées en bourse avec un ratio P/B (capitalisation boursière/ valeur comptable des fonds propres) moyen de 0,56 tandis qu’aux États-Unis, les banques valent 1,1 fois leur actif net.
Ce décalage pourrait s’atténuer en 2019. Les investisseurs s’accrochent, en effet, à l’espoir d’une remontée des taux de la banque centrale européenne (BCE) avant 2020, comme le souligne S&P dans un rapport publié en décembre. Par ailleurs, aux États-Unis, la fin proche de la normalisation de la politique monétaire par la Fed et l’aplatissement de la courbe des rendements pourrait entraîner «une pression sur la perspective de marge nette sur les intérêts», explique UBS dans une étude.
Dans l’ensemble, UBS estime que les prêts devraient croître de 5,6% en 2019, contre 5,1% en 2018. Les banques feront face à la concurrence accrue de nouveaux acteurs dans les services financiers, à un accroissement de la volatilité des marchésdue aux risques politiques, notamment la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ainsi qu’au Brexit. Les investisseurs craignent aussi un possible retournement du marché du crédit. Toutefois, UBS souligne la résilience du secteur bancaire mondial et prévoit une rentabilité sur fonds propres (RoE) de 12,2% en 2019 contre 11,9% en 2018. Dans le détail, UBS s’attend à un RoE de 12,6% pour les banques américaines et de 9,2% en Europe l’année prochaine.
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