Les systèmes bancaires espagnol et italien ont encore des progrès à accomplir
Comme le Mexique le premier en septembre dernier, l’Italie et l’Espagne se sont soumis à une revue de détail de leurs établissements financiers de la part d’experts nommés par le Conseil de stabilité financière (CSF). Les résultats de ces études ont été publiés hier. Il s’agit d’évaluer les mesures prises ou envisagées par les autorités nationales dans le sillage des recommandations du FMI et de la Banque Mondiale concernant la régulation financière. Le CSF regroupe les autorités de 24 pays. Plus généralement, ces derniers entendent pérenniser un maillage de contrôle régulier au sein de chaque pays. Cela dans une optique à long terme de tenter de ne pas répéter les erreurs passées. Des études comparables seront menées cette année en Australie, au Canada et en Suisse, pays qui se sont portés volontaires.
Le constat des enquêteurs est encourageant, saluant les efforts déployés dans les deux pays. Mais du chemin reste encore à parcourir tant en Italie qu’en Espagne.
Parmi les résultats de l’enquête en Italie, le CSF estime notamment que les banques semblent avoir besoin de renforcer encore leur capital. Cet effort, qui ne doit pas affaiblir l’offre de crédit à l’économie, «doit retenir l’attention des autorités à l’avenir», selon le rapport. La période de 90 jours aujourd’hui fixée en Italie pour déterminer qu’un prêt devient douteux devrait par ailleurs être raccourcie, selon le rapport. Le document prône une prise de pouvoir formelle de la Banque d’Italie, qui pourrait agir «directement et immédiatement» si elle juge que des membres du conseil ou de le direction générale d’une banque ne remplissent pas correctement leur mission, mettant en danger la gestion sérieuse de l’établissement.
Côté espagnol, le rapport distinct du CSF met en lumière que le pays a relativement bien traversé les premiers remous de la crise mondiale, jusqu’à l’explosion de la bulle immobilière nationale. Le labeur des autorités n’est ainsi pas encore achevé. Notamment, il convient de pouvoir s’assurer que la présence au capital de groupes industriels ne génère pas «de conflits d’intérêt ou d’autres risques». Les régulateurs financiers espagnols devraient par ailleurs bénéficier d’une plus grande autonomie. Surtout, les CSF encourage l’Espagne à poursuivre les réformes visant les caisses d’épargne régionales, les «cajas», concernant notamment leur capacité de financement.
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