Les services du Trésor et de la concurrence cautionnent les hausses des tarifs d’assurance

Le rapport commandé par Bercy conclut que les augmentations des tarifs sont justifiées par l'évolution des charges des assureurs
Antoine Duroyon

Chargés mi-décembre par Bercy d'«examiner la réalité du lien» entre la hausse des tarifs d’assurance et celle de la «sinistralité», la direction du Trésor et celle de la concurrence ont rendu leurs conclusions. Dans ce rapport d’une quarantaine de pages publié samedi, les assureurs se voient globalement conforter dans leur démarche. Celle-ci s’est matérialisée par des hausses comprises entre 2,5% et 4,5% pour l’assurance automobile et entre 4,4% et 9% pour l’assurance habitation.

«L’année 2009 a vu pour chacune des activités une forte hausse des pertes techniques (primes stables, tandis que les charges de sinistres et les frais augmentaient), que la dégradation des marchés financiers n’a pas permis de compenser», soulignent le Trésor et la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

Pour l’assurance automobile, bien que la fréquence des sinistres évolue de manière «différenciée» (en hausse pour les bris de glace, en baisse pour le vol), la tendance est à une «forte augmentation» des coûts moyens des sinistres matériels et corporels. En 2010, les coûts de réparation des véhicules se sont envolés (+3,9% pour les pièces détachées, +3,2% pour la main d’oeuvre, +3,8% pour la peinture).

En ce qui concerne les contrats multirisques habitation (MRH), ils «sont fortement impactés par le coût de la reconstruction et les conditions climatiques». Le rapport note ainsi que la garantie tempête-grêle-neige a flambé de 225% en 2010 par rapport à 2008. Des auditions des sociétés d’assurance, les rapporteurs retiennent également un «consensus autour des effets du vieillissement global du parc immobilier».

«Les tarifs semblent donc bien suivre l’évolution de la sinistralité, à la baisse comme dans le creux du milieu de la décennie ou à la hausse comme en début et fin de cette période», résume le rapport. Une rationalité économique qui s’inscrit dans un marché dont la structure et le fonctionnement réunissent les conditions d’une concurrence équilibrée, notamment une offre diversifiée et de nouveaux entrants. Dans un communiqué, la ministre de l’Economie Christine Lagarde estime néanmoins que «la perspective d’une hausse tarifaire est le moment pour le consommateur de remettre en concurrence son assureur avec d’autres entreprises».

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