Les revenus des réseaux bancaires se sont contractés en France au deuxième trimestre
A l’image de la météo, le printemps a été maussade pour les réseaux en France. Longtemps considérées comme des vecteurs de croissance pérenne face à la volatilité des activités de marchés, les banques de détail ont publié des comptes médiocres au deuxième trimestre –en attendant la publication des résultats du Crédit Agricole et de LCL, le 28 août prochain.
Car la mauvaise tenue des marchés a pesé sur les commissions, qui constituent l’un des deux piliers du produit net bancaire (PNB) des banques de détail –l’autre étant les revenus d’intérêts, générés par les marges sur crédits. Le réseau de BNP Paribas accuse ainsi une baisse de 0,8% de son PNB en France, malgré une activité commerciale qui a continué à progresser: la hausse de 3,3% des encours de crédits a permis à la banque d’accroître de 2,5% ses revenus d’intérêts, mais, en raison des marchés financiers, ses commissions ont chuté de 5,4%. En revanche, l’établissement est parvenu à contrôler les coûts de son réseau. L’effet de ciseaux revenus-coûts est donc resté positif et le coefficient d’exploitation continue de reculer.
A l’instar de BNP Paribas, François Pérol, le président du directoire de BPCE, fournit la même explication pour justifier la chute de 7,8% des revenus dont a été victime le réseau Banque Populaire au deuxième trimestre sur un an. Le groupe souligne également la réduction des recettes monétiques liées aux décisions de l’Autorité de la concurrence sur les commissions d’interchange: en effet, l’une des sources traditionnelles de revenus de la banque de détail en France –à savoir de la facturation de frais pour divers services de tenue de comptes– sont de plus en plus menacées. De quoi remettre en cause une partie de l’économie du métier.
Dans d’autres cas, même le maintien des revenus s’est révélé insuffisant: le PNB de la Société Générale est resté stable (+0,3%), mais ses provisions pour coût du risque ont progressé de 32%. Son résultat net connaît du coup une baisse significative (-6,3%).
Plus encore, le Crédit Mutuel-CIC a souffert sur la plupart des tableaux: revenus en baisse (-6,2%) et frais généraux en hausse. Faisant du renforcement de ses fonds propres sa priorité en vue des échéances réglementaires de Bâle 3, le groupe a privilégié la collecte de dépôts (+12%) sur l’octroi de crédits (+2,2%). Une combinaison rarement génératrice de croissance du PNB.
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