Les réassureurs prônent rigueur et discipline pour les renouvellements 2013
Le soleil monégasque n’a pas redonné le moral aux réassureurs. Réunis à Monte-Carlo pour leurs traditionnels «Rendez-Vous de Septembre», deux des plus grands groupes mondiaux n’ont pas manqué l’occasion pour dresser un sombre tableau du secteur de l’assurance. «L’environnement économique et financier incertain pose de sérieux défis aux assureurs et aux réassureurs», a ainsi déploré Torsten Jeworrek, directeur général en charge de la réassurance chez Munich Re. Selon lui, l’industrie doit faire face à une multitude de vents contraires: volatilité des marchés financiers, fort ralentissement de la croissance économique, crise des dettes souveraines en Europe. Mais le principal écueil pour le secteur réside dans le niveau historiquement bas des taux d’intérêts, qui met sous pression les revenus qu’ils dégagent de leurs placements financiers. «La faiblesse des taux d’intérêt met à mal notre modèle économique», a estimé Torsten Jeworrek. Le discours est à l’avenant chez Scor. «Nous souffrons de la faiblesse des rendements de nos actifs, a constaté Denis Kessler, son PDG. Nous sommes des victimes collatérales du sauvetage du secteur bancaire et de la politique des banques centrales.»
Faute de pouvoir compter sur de substantiels revenus financiers, l’objectif prioritaire est «de continuer à améliorer notre rentabilité technique», a avancé Victor Peignet, directeur général de Scor Global P&C, la branche dommage du réassureur. En d’autres termes, les acteurs entendent se montrer plus disciplinés et plus rigoureux en matière de souscription. «Vous devez vous assurer de la manière dont vous souscrivez et de l’endroit où vous le faites», a expliqué Torsten Jeworrek. Les compagnies auront la tentation d’utiliser cet argument pour tenter de faire passer des hausses de prix auprès des compagnies d’assurance.
La partie ne s’annonce pas simple puisque «le marché offre toujours une capacité de couverture suffisante», a concédé Torsten Jeworrek, qui table sur une stabilité globale des tarifs lors des renouvelles de traités du 1er janvier. Le diagnostic est similaire chez Scor. «Les prix de réassurance devraient rester globalement à des niveaux stables, ou légèrement en hausse, a jugé Victor Peignet. Mais l’évolution constatée depuis plusieurs années vers une plus grande fragmentation entre les marchés et entre les branches devrait se poursuivre.»
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