Les réassureurs militent pour des hausses tarifaires pour les renouvellements 2012
Pendant trois jours, Monte-Carlo et ses palaces vont vivre au rythme de la réassurance. Hier, réassureurs, assureurs et courtiers ont donné le coup d’envoi de leurs négociations sur les renouvellements de traités pour 2012. Sans surprise, le bras de fer sur les tarifs s’annonce particulièrement musclé. De fait, les réassureurs disposent d’arguments de poids pour imposer à leurs cédantes (les assureurs) de sensibles hausses de tarifs. Depuis le début de l’année, ils ont ainsi fait face à une multiplication de catastrophes naturelles de grande ampleur. Selon une étude publiée vendredi par Swiss Re, les dégâts assurés se sont élevés à 70 milliards de dollars sur les six premiers mois de l’année, soit le double du montant enregistré au premier semestre 2010. Dans ce contexte, les réassureurs n’ont pas tardé à réagir. «Lors des renouvellements de juillet aux Etats-Unis, les prix des polices couvrant les catastrophes naturelles ont augmenté de 10 %», a observé Torsten Jeworrek, membre du directoire de Munich Re.
Une tendance appelée à se poursuivre. «A l’avenir, les prix des polices pour les événements naturels seront beaucoup plus élevés, même s’il y aura des variations en fonction des régions», a-t-il précisé. Le discours est à l’avenant chez Scor. «Les événements naturels ont augmenté en fréquence et en intensité et ils doivent donc être compensés en termes de prix», a déclaré Victor Peignet, directeur général de Scor Global P&C, la branche dommages du réassureur français.
Ces majorations tarifaires pourraient également concerner d’autres branches d’assurances. «Il n’y a pas de baisses de prix pour notre portefeuille», a indiqué Torsten Jeworrek, évoquant de légères augmentations pour la couverture des plates-formes pétrolières off-shore et sur certains marchés d’assurance automobile. «Hors catastrophes naturelles, nous tablons sur des hausses comprises entre 0 et 5% en moyenne pondérée pour les autres branches», a précisé Victor Peignet.
Le contexte financier actuel plaide aussi en faveur des réassureurs. La faiblesse des taux d’intérêt pèse en effet sur leurs résultats financiers. Une situation qu’ils tentent de compenser en améliorant leurs résultats techniques et, donc, en relevant leurs tarifs. «Nous sommes raisonnablement optimistes pour les renouvellements», a d’ailleurs conclu Victor Peignet.
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