Les réassureurs doivent mettre l’accent sur la rigueur de souscription
L’abondance de capacités sur le marché accentue la pression sur les tarifs. Dans un contexte de taux d’intérêts bas, la discipline de souscription sera cruciale
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Thomas Carlat
Alors que s’ouvrent dimanche les «Rendez-vous de Septembre» – coup d’envoi des négociations sur les renouvellements des traités pour 2014 – les réassureurs ont la confiance des agences de notation. Moody’s et Fitch ont confirmé la perspective stable allouée au secteur, soulignant sa forte capitalisation et le maintien de sa rentabilité. «Le secteur affiche des ratios combinés et des ratios de solvabilité très solides, avec un excédent de fonds propres confortable», juge Lotfi Elbarhdadi, directeur du secteur assurance chez S&P. En 2012, il affichait en moyenne un ratio combiné de 88,1 % et une rentabilité sur fonds propres (RoE) de 14,4 %, avec des fonds propres en hausse de 10 % à 388 milliards de dollars.
L’avenir ne s’annonce pourtant guère radieux. «Le profil de risque et d’activité des réassureurs est sous pression en raison d’une concurrence accrue et de l’afflux de capital», estime S&P qui table sur un ratio combiné de 91% pour le secteur et un RoE de 12% en 2013. De fait, les réassureurs sont confrontés à la montée en puissance de solutions alternatives de réassurance (titrisation, obligations catastrophes,…), créant ainsi une abondance de capacités sur le marché et accentuant la pression à la baisse sur les tarifs.
Selon Moody’s, 10 milliards de dollars de capitaux alternatifs supplémentaires ont afflué sur le marché l’an dernier, «mettant la pression sur les prix en dommages et catastrophes naturelles, avec une baisse de 10 % à 20 % lors des renouvellements de juin et juillet aux Etats-Unis». Dans ce contexte, «la discipline de souscription va être mise à l’épreuve», juge Brian Schneider, co-responsable de la réassurance chez Fitch.
Une discipline d’autant plus cruciale que les réassureurs évoluent dans un contexte de taux d’intérêt bas qui obère leurs revenus financiers et «compliquera leur tâche pour dégager en 2014 une rentabilité équivalente à celle que nous anticipons pour 2013», estime Martyn Street, co-responsable de la réassurance chez Fitch. Une remontée des taux ne serait pas non plus la panacée. «La solvabilité très forte affichée par le secteur est basée en partie sur des plus-values obligataires importantes, souligne Lotfi Elbarhdadi, estimant à 11% la part des plus-values dans les fonds propres des acteurs. Or cette réserve pourrait disparaître en cas de remontée brutale des taux.» Les agences de notation restent pourtant confiantes sur la capacité des réassureurs à s’adapter.
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