Les professionnels de la finance expriment à nouveau des désirs de mobilité

Toutefois, les processsus de recrutement demeurent longs et difficiles. Cette situation résulte notamment de l’inadaptation des candidatures
Antoine Landrot

Après plusieurs années d’attentisme dans le contexte de crise, la volonté de mobilité des professionnels de la finance est forte en France. Selon une enquête réalisée par eFinancial Careers, 86% des 403 financiers interrogés sont en recherche d’emploi, alors que les deux tiers exercent déjà dans le secteur.

Si cette recherche reste majoritairement motivée par des considérations classiques (évolution de carrière pour 49% et meilleure rémunération pour 36% des répondants), de nouvelles aspirations ont émergé avec l’installation du marasme et la remise en cause des modèles économiques des banques. La quête d’un nouveau défi face à une certaine lassitude est évoquée dans 24% des réponses, et la recherche d’une culture d’entreprise qui corresponde à ses aspirations dans 18%.

«Les crises déclenchent des désirs de reconversion. Les candidats sont aujourd’hui davantage attirés qu’avant par les boutiques indépendantes et l’aventure entrepreneuriale», indique Julia Lemarchand, responsable éditoriale chez eFinancial Careers.

Pour autant, les recherches s’avèrent frustrantes: 87% des candidats les jugent difficiles, voire très difficiles – ce dernier item représentent 45% des réponses. La moitié (48%) recherche un emploi depuis plus de six mois; la proportion atteint 71% chez les jeunes diplômés. Un tiers des candidats ne reçoit de réponse pour aucune sollicitation, quand bien même le nombre médian de candidatures mensuelles atteint le chiffre de cinq. Un quart de l’ensemble des candidatures se concrétise par un premier entretien. Mais à l’issue de ce dernier, 57% n’ont aucun retour des recruteurs.

Ceux-ci devraient bénéficier de ce rapport de force. Pourtant, «les entreprises expliquent qu’elles peinent à trouver les candidats adéquats, explique James Bennett, directeur général d’eFinancialCareers. L’environnement en mutation explique leur difficulté à trouver des compétences répondant à leurs besoins». Les bouleversements des modèles et les puissantes contraintes réglementaires ont modifié les attentes de postes.

Aujourd’hui, les recruteurs recherchent particulièrement les compétences de programmation et de traitement de bases de données, d’analyse du risque et les professions d’audit et de comptabilité. En outre, ajoute Julia Lemarchand, «les institutions privilégient aujourd’hui les doubles, voire triples compétences. La segmentation des métiers que l’on observait avant la crise recule».

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