Les petites banques européennes seront les premières à pâtir de Bâle 3
Peu à peu, le marché de la dette bancaire de l’après-crise se dessine. En publiant jeudi dernier les critères d’absorption des pertes qui permettront aux titres tier 1 et tier 2 d’être considérés comme du capital réglementaire, le Comité de Bâle a précisé les règles en vigueur à partir du 1er janvier 2013. L’ajout de cette clause (conversion en actions ou dépréciation) sera lourd de conséquences pour les émissions hybrides des banques. Elles devront en effet rémunérer les investisseurs pour ce nouveau risque.
François Lavier, analyste gérant chez Lazard Frères Gestion, regrette qu’une clause de retour à meilleure fortune n’ait pas été intégrée au texte. «La possibilité de remonter le nominal, après une crise, serait pourtant un élément qui compenserait la clause d’absorption des pertes aux yeux des investisseurs», explique-t-il. Ces derniers seraient en outre plus rassurés si le critère définissant qu’une banque n’est plus viable, laissé à l’appréciation des autorités, était plus objectif. Pour cela, le ratio core tier 1 aurait pu être utilisé.
En décembre, le Comité avait déjà détaillé le traitement des dettes hybrides pendant la période de transition, du 12 septembre 2010 au 1er janvier 2013. «La décision du Comité de Bâle sur l’absorption des pertes appuiera la tendance à une différenciation accrue entre les grandes banques, pour lesquelles le risque lié à l’application de la nouvelle clause est mineur, et les petits établissements pour lesquels les émissions de dettes tier 1 et tier 2 deviendront très onéreux, voire impossible dans certains cas», estime François Lavier. Les banques françaises entrent dans la première catégorie.
Durant la période de transition, les banques les plus solides pourraient décider d’émettre des hybrides sans clause de renchérissement du coupon (step up) ni d’absorption des pertes. Ces obligations, comptant comme du capital réglementaire de façon dégressive jusqu’en 2022, seraient moins onéreuses que les titres assortis de clauses d’absorption des pertes à émettre à partir de 2013.
Les banques plus modestes, elles, pourraient ne pas rembourser les dettes hybrides existantes. En décembre, l’italien UBI Banca a ainsi indiqué qu’il ne rembourserait pas trois lignes tier one, assorties d’un step up en 2011, mais, en contrepartie, relèverait le coupon, plus que prévu, à 594 points de base. Ce geste lui coûte en effet moins cher que l’émission d’une dette éligible à Bâle 3.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Bananes flambéesA la Maison Saint-Martin, Jadot, Vallaud et Glucksmann savourent la fin de la primaire
Depuis la première édition de ces dîners en comité restreint, révélé par l’Opinion en février dernier, les rencontres se multiplient pour faire émerger un candidat commun hors LFI, sans passer par la case primaire de gauche -
Polémique anti-Bolloré : à quel point le cinéma français dépend-il de Canal + ?
A la suite d'une tribune anti-Bolloré, Maxime Saada menace de cesser toute collaboration avec les 600 professionnels du cinéma qui l'ont signée. Une déclaration qui interroge : l'industrie pourrait-elle se passer de Canal + ? -
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique