Les pertes liées aux rachats de portefeuilles hypothécaires chiffrées à 31 milliards de dollars
Bank of America et JPMorgan, suivies de Wells Fargo, Citigroup, US Bancorp et PNC Financial Services Group. C’est dans cet ordre décroissant que l’agence de notation Standard & Poor’s classe les établissements américains les plus exposés à la problématique des rachats de titres adossés à des créances hypothécaires. Une obligation qui peut se présenter dès lors que les créanciers, Fannie Mae et Freddie Mac en tête, constatent des erreurs dans les données sur la solvabilité des emprunteurs ou la valeur des biens.
Selon S&P, la facture pourrait encore gonfler. «Nous pensons que les banques ont déjà comptabilisé environ 12,4 milliards de dollars sur les 43 milliards de dollars de pertes potentielles, ce qui laisse encore 31 milliards de dollars de pertes éventuelles pour les six banques étudiées», a déclaré Vandana Sharma, analyste crédit chez S&P.
Dans un document publié jeudi sur son site internet à l’occasion d’une conférence réunissant des analystes à Boston, JPMorgan estime autour de 1,2 milliard de dollars le montant des pertes réalisées pour l’ensemble de 2010. Depuis le début de l’année, elles n’ont cessé de croître, passant ainsi de 312 millions de dollars au deuxième trimestre à 461 millions de dollars au troisième. Dans le même temps, les provisions ont culminé à 1,46 milliard de dollars à fin septembre. La banque s’attend à ce que les demandes de rachats et les pertes réalisées restent élevées tout au long de 2011. «Nous commencerons à réduire nos réserves lorsque nous serons plus confiants en ce qui concerne les risques potentiels futurs», poursuit le document. Depuis le début de l’année, les demandes de rachats se chiffrent à 2,91 milliards de dollars, alors qu’il avait atteint 3,04 milliards pour toute l’année 2009. Le total des requêtes à l'étude porte pour sa part sur 8,1 milliards de prêts.
D’après S&P, les pertes potentielles peuvent affecter les bénéfices futurs des banques mais ne sont pas de nature à modifier son analyse du niveau d’adéquation des fonds propres. Néanmoins, combinées aux effets d’une régulation renforcée et d’une baisse attendue du produit net bancaire, ces pertes «entraveront probablement le rétablissement financier des banques américaines en 2011 malgré des coûts de financement en baisse».
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