Les offres alternatives au portefeuille électronique se développent
La concomitance est une coïncidence, mais elle n’en illustre pas moins la concurrence dans les moyens de paiement électroniques. Alors que BNP Paribas, La Banque Postale et la Société Générale lançaient la semaine dernière Paylib, un portefeuille virtuel concurrent du géant Paypal, la start-up PayPlug a officialisé hier la création d’un système éponyme, destiné aux commerçants et professionnels indépen-dants pour qui l’acceptation de la carte bancaire est trop onéreuse.
«Il est difficile d’amortir un terminal de carte bancaire si le volume ou la valeur des transactions est faible. En outre, les indépendants sont réticents aux procédures d’adhésion des réseaux de cartes bancaires et des portefeuilles électroniques», indique Régis Bouyala, associé-gérant du cabinet de conseil Pémance. Or, un refus de carte peut faire perdre un achat.
Contrairement aux wallets (PayPal, Kwixo, S-Money…), qui ne fonctionnent que si les deux acteurs de la transaction (commerçant et client) disposent d’un compte, l’inscription à PayPlug n’est que du ressort du commerçant. Celui-ci paiera uniquement des frais de transaction de 2,5%, les commissions d’interchange étant à la charge de PayPlug.
«La question de confiance des particuliers est cruciale pour les différents systèmes de paiement», rappelle Martina Weinert, directrice associée chez Cap Gemini et chef de projet de Paylib.
«Nous travaillons avec Payline, filiale du Crédit Mutuel Arkéa, qui est notre partenaire pour l’acquisition et le cantonnement des fonds. A aucun moment le numéro de carte bancaire du client n’est visible par le commerçant, indique Camille Tyan, président et co-fondateur de PayPlug. PayPlug dispose d’une garantie pour tous les paiements effectués sous le protocole 3D-Secure. Ce protocole est activé par défaut pour les transactions excédant 100 euros et pour les transactions jugées à risque.»
Reste à savoir si cela sera suffisant pour rassurer clients et commerçants, pour qui PayPlug reste du domaine de l’inconnu. Créée en mai 2012, la start-up a levé 500.000 euros auprès de business angels et veut procéder à une autre levée de fonds en 2014. Ses dirigeants revendiquent un millier de clients. Ils évaluent à 1,5 million le nombre de professionnels n’acceptant pas la carte bancaire en France. Un marché qualifié de niche par certains. «Beaucoup de solutions voient le jour actuellement. Les clients se plaignent d’ailleurs de cette profusion», remarque un consultant.
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