Les obstacles à l’investissement responsable demeurent
La prise de conscience est totale. Dans la dernière étude sur la finance durable publiée par HSBC, Sustainable Financing and Investing Survey menée auprès de 500 investisseurs (dont 270 gérants d’actifs) et 500 émetteurs à travers le monde, les résultats sont sans appel : une proportion de 94% des investisseurs estime que les sujets sociaux et environnementaux sont «importants» ou «très importants» et ils sont à peu près autant à prendre en compte ces critères dans leur processus d’investissement. Cette proportion est quasiment identique (93 %) du côté des émetteurs. Et ce, a priori, pour de bonnes raisons, puisque plus de 60% des personnes interrogées (62 % des investisseurs et 65 % des émetteurs) estiment que la finance durable est «alignée avec les valeur de leur entreprise». Evidemment, la pression du régulateur dans certains cas, ou des clients finaux, dans d’autres, sont aussi des éléments obligeant les professionnels à prendre en compte ces critères.
Mais de manière plus surprenante, ce rapport montre aussi que 61% des investisseurs signalent l’existence d’obstacles les empêchant toujours d’investir plus largement dans les facteurs ESG. Parmi les problèmes rencontrés, les investisseurs interrogés citent à 27% le manque d’expertise ou de personnel qualifié, 26% regrettent le peu d’attractivité des offres et, enfin, 26% déplorent l’absence de données comparables.
Autre frein au développement, il subsiste, et depuis toujours, un problème de clarté dans les dénominations adoptées. Ainsi, 40% des investisseurs interrogés – et donc des gestionnaires d’actifs – estiment qu’au moins la moitié de leurs clients ne font pas la différence entre les notions «d’investissement responsable», «durable» ou d’«ESG».
Enfin, sur l’aspect purement financier de la finance durable, les avis demeurent partagés. Les critères sociaux et environnement sont vus comme une opportunité pour 54% des investisseurs, mais près de 40% d’entre eux estiment au contraire que l’investissement durable implique un rendement plus faible ou un risque plus élevé. Du côté émetteur, 42% y voient un gain financier potentiel.
Ces différents points soulignés par la note montrent que même si l’investissement durable atteint des chiffres impressionnants – HSBC cite ceux du Global Sustainable Investment Review 2018 faisant état de plus de 30.000 milliards de dollars sous gestion dans le monde – il n’a pas encore atteint sa phase de maturité.
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