Les notes des banques françaises restent sous pression
Fitch juge exagérée la chute boursière des banques françaises mais reconnaît que plusieurs facteurs exercent une certaine pression sur leur note de crédit. «Les inquiétudes vis-à-vis des banques françaises sont principalement centrées sur leur exposition aux pays du Sud de l’Europe ainsi que sur leur capital et leur liquidité», résume l’agence dans une note.
Si l’exposition à la Grèce ne l’alarme pas outre mesure, l’agence s’inquiète davantage de la dette italienne. Celle-ci représente un tiers (47,7 milliards d’euros) de l’exposition des banques françaises aux GIIPS (Grèce, Irlande, Italie, Portugal et Espagne) et BNP Paribas en détient à elle seule près de la moitié (22,8 milliards), soit 40% de son capital «dur», calculé par Fitch.
«Le moindre problème avec la dette souveraine ou une récession majeure en Italie serait plus inquiétant», prévient l’agence qui exclut néanmoins un défaut du pays.
Au regard de leur exposition aux dettes souveraines, l’agence juge insuffisant le niveau de capital des banques françaises, notamment par rapport à leurs concurrentes européennes. Elle juge qu’un ratio de capital common equity de 10% est le minimum à atteindre pour les grandes banques, contre 7% exigé par Bâle 3 et 9% minimum prévu dès 2013 par les intéressées. En dépit de leurs efforts de réduction de bilan et de l’amélioration de leur solvabilité depuis deux ans, «Fitch estime que les banques françaises auront des difficultés à satisfaire aux exigences du marché sans réduire davantage leur taux de distribution ni émettre des instruments de capital».
Au vu de l’état des marchés, le capital nécessaire pour apaiser les craintes pourrait devoir être apporté par l’Etat. Le cas échéant, une recapitalisation se ferait sous forme de dette hybride notamment et non par apport de fonds propres, selon Fitch.
Bien que les banques françaises aient achevé leur programme de financement pour 2011, l’agence estime qu’elles resteront sous pression tant que perdurera la crise de la zone euro, ce qui devrait les conduire à commencer leur programme de 2012 via des titres sécurisés et structurés. Pour le financement à court terme, un resserrement prolongé de l’accès à la liquidité, notamment en dollar, deviendrait inquiétant. Toutefois, les banques françaises disposent d’importants stocks d’actifs éligibles pour des opérations de repo auprès des banques centrales.
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