Les ministres se rencontrent à Berlin pour forcer un accord sur la résolution
Ce vendredi, les ministres des Finances français, allemand, italien et espagnol se retrouvent à Berlin pour une réunion qui était censée rester secrète afin d’avancer vers un accord sur la résolution bancaire, a appris hier L’Agefi de source européenne. Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, participera également, en tant que ministre néerlandais, de même que la BCE. Cette réunion fait suite à une rencontre infructueuse entre ambassadeurs mercredi à Bruxelles.
Les ministres chercheront à assembler le puzzle complexe de la résolution bancaire en négociant trois textes de front: la directive sur les fonds de garantie des dépôts, celle sur la résolution et la gestion de crise bancaire, qui arrête les modalités du bail-in, et enfin le mécanisme unique de résolution, dont la pierre angulaire est la constitution d’un fonds paneuropéen.
L’adoption de l’accord de coalition entre sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates en Allemagne le mois dernier a rendu au ministre Wolfgang Schäuble le mandat de négociation dont il était privé depuis septembre. Il ouvre la voie à la création d’un fond unique. Toutefois, Berlin continue de bloquer sur quelques points clés, comme la base juridique du mécanisme unique de résolution choisie par la Commission, dont il estime qu’il l’expose à un rejet de sa cour constitutionnelle.
Comme pour la supervision, la discussion achoppe également sur le nombre de banques concernées. Les caisses d’épargne allemandes souhaitent, sinon conserver leur système dit IPS (investor protection scheme) de résolution solidaire, à tout le moins réduire à ce titre leur contribution au fonds européen. La France objecte que cette garantie solidaire accroît le risque systémique plutôt qu’elle ne le diminue. Elle plaide en outre pour une fusion des fonds de garanties de dépôts et des fonds de résolution.
L’entrée en vigueur du bail-in reste également controversée. Paris, Madrid et Rome s’opposent à ce que les créanciers seniors soient mobilisables dès 2015 (au lieu de 2018 dans la proposition de la Commission), comme le demandent Berlin et La Haye pour les pays de la zone euro. Les premiers estiment que cela créerait une distorsion de concurrence majeure avec le Royaume-Uni et souhaitent laisser le temps à leurs établissements d’ajuster leur structure de financement à ce nouveau risque.
Les négociations reprendront mardi prochain, à Vingt-Huit, au conseil Ecofin.
Plus d'articles du même thème
-
Corum lance R Start, une SCPI sans frais de souscription
La société de gestion a élaboré, pour ce nouveau véhicule, une structure de frais novatrice basée sur les plus-values réalisées à la cession des actifs. -
SpaceX met sur orbite son introduction en Bourse hors normes
SpaceX prépare une introduction en Bourse de tous les records, tant par les montants visés que par la structure de gouvernance à la main d’Elon Musk. Le milliardaire vise une cotation au Nasdaq le 12 juin, et pourrait publier son prospectus dès ce mercredi. -
Le taux à 30 ans américain bondit à un plus haut de 19 ans
Les marchés de taux restent sous pression, notamment les échéances les plus longues, alors que les investisseurs s’inquiètent de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’inflation mais aussi de l’état des finances publiques. Le plancher japonais ne cesse aussi d’augmenter.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
Contenu de nos partenaires
-
A la loupeChômage, télétravail, productivité : les résultats contrastés du macronisme
Le chômage augmente mais la Banque de France analyse comment le chômage structurel, lui, a diminué depuis 2015 sous l'effet des réformes menées par Emmanuel Macron -
Avec la relance des relations Alger-Paris, l'espoir d'une libération prochaine de Christophe Gleizes
Au retour de sa visite à Alger, Gérald Darmanin est resté discret sur le cas du journaliste français emprisonné. Christophe Gleizes a renoncé à son pourvoi en cassation et mise sur une grâce présidentielle. Ses conditions de détention se sont améliorées ces derniers mois. -
Mémoire vivePrésidentielle : l'Algérie, champ de bataille pour 2027
Immigration, sécurité, narcotrafic, « devoir de mémoire » contre « rente mémorielle » : autant de sujets centraux de la campagne qui pourraient se cristalliser sur le cas algérien