Les investisseurs se font plus sélectifs dans les fonds «midcaps»
Si les collectes de plusieurs milliards d’euros sont de retour chez les grands gérants de capital-investissement (voir tableau), le phénomène se vérifie également à l’étage en dessous, à savoir les fonds «midcaps», ciblant les PME.
Dans son étude annuelle consacrée aux véhicules européens compris entre 100 millions et un milliard d’euros, l’agent de placement Acanthus Advisers (qui conseille les sociétés de gestion pendant leurs levées de fonds) note que les montants collectés ont quasiment doublé en 2010, après avoir traversé le pire exercice de la décennie un an plus tôt.
Les acteurs du private equity ont ainsi levé 12 milliards d’euros, contre 6,5 milliards en 2009. Toutefois, ce montant ne fait que dépasser le total de 2004; il est loin d’égaler ceux enregistrés pendant la période de bulle sur les acquisitions à effet de levier (leveraged buy-out, LBO). Le record à battre a été établi en 2007 à 24,4 milliards d’euros, soit plus du double du montant levé l’année dernière.
Au-delà de la réouverture du marché, qui n’est pas surprenante notamment dans la mesure où les banques sont à nouveau prêtes à financer les LBO d’une certaine taille, il ressort surtout de l’étude une sélection plus stricte des investisseurs à l’égard des gérants de fonds. Le «flight to quality» maintes fois annoncé par les professionnels s’observe ici concrètement. En 2009 et 2010, seuls 6% des fonds ont été levés par des équipes du dernier tiers (affichant les plus mauvaises performances); cette proportion atteint 14% si l’on étend la période à 2004-2010.
La seule manière certaine qu’ont les investisseurs de manifester leur mécontentement à l’égard des pratiques et des performances des gérants est de ne pas souscrire au véhicule de la génération suivante. Or, de nombreuses firmes du non-coté, par leur comportement ou leur stratégie, ont irrité pendant la crise financière.
«Avant de souscrire à une levée, les investisseurs se font particulièrement vigilants sur le respect des stratégies prévues dans les contrats de gestion des fonds précédents», souligne un banquier conseil. Ils peuvent par exemple sanctionner des équipes qui auraient effectué des prises de participation minoritaires alors que son mandat portait sur des investissements majoritaires, ou qui auraient trop dépendu d’appels d’offres, faisant ainsi grimper les prix et concourant à des montages financiers trop risqués.
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