Les grandes banques chinoises parviennent à réduire leur taux de créances douteuses
Les valeurs bancaires chinoises ont été chahutées en Bourse la semaine dernière, après l’annonce mercredi dernier par le régulateur de nouvelles mesures de contrôle sur les produits de gestion de fortune. Cette nouvelle a quelque peu éclipsé la publication de résultats 2012 mitigés – Bank of China (BOC) et Agricultural Bank of China (AgBank) affichant leur plus faible progression de bénéfices depuis leur introduction en Bourse.
Cela dit, une telle croissance, même si elle se modère, ferait la joie des banques occidentales. Ainsi, AgBank, le troisième établissement du pays par la capitalisation, voit son bénéfice net progresser de 19% (à près de 145 milliards de yuan, soit 18,2 milliards d’euros). En 2011, la croissance du bénéfice avait atteint 28,5%. Bank of China affiche pour sa part une croissance de 12% de son bénéfice (à 17,5 milliards d’euros), contre +19% un an plus tôt. Et de son côté, ICBC a remporté le titre de banque la plus profitable du monde en 2012, grâce à un résultat net de 30 milliards d’euros, en progression de 14,5%.
Mais l’attention se portait davantage sur l’évolution des créances douteuses, qui n’ont pas cessé d’augmenter ces dernières années dans les bilans des institutions financière de l’Empire du Milieu – faisant craindre à terme une crise financière. Selon le superviseur chinois, elles ont progressé au total de plus de 15% entre le 31 décembre 2011 et la fin de l’année 2012, totalisant l’équivalent de 62 milliards d’euros, alors que la croissance de l’économie ralentit et que certains secteurs auparavant florissants – comme celui de l’industrie photovoltaïque – traversent une crise grave. Le président d’ICBC Yang Kaisheng a reconnu que les prêteurs chinois devront faire face à de grands défis en 2013 et éprouveront la qualité de leurs actifs.
Paradoxalement, les grandes banques ont affiché un déclin de leur taux de créances douteuses – à tel point que certains analystes ont émis des doutes quant à leur fiabilité. Ce taux est passé de 1,55% en 2011 à 1,33% l’année dernière chez AgBank. Bank of China affiche un taux en recul de 0,05 point, à 0,95%. Cet apparent paradoxe peut également sous-entendre que ces créances sont concentrées au sein des établissements de taille inférieure. Les investisseurs semblaient d’ailleurs soulagés: les principaux prêteurs du pays ont connu un rebond de leur titre dans la foulée de l’annonce de leurs résultats.
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