Les géants bancaires chinois tiennent tête face au ralentissement de l’économie
Alors que les autorités chinoises pilotent un ralentissement qui devrait mener à une croissance de 7,4% cette année, à un plus bas depuis 1990, contre 7,7% tant en 2012 qu’en 2013, les principales banques du pays ont affiché des résultats annuels dans l’ensemble rassurants. La modération du crédit ou la progression des créances douteuses n’ont pas empêché la poursuite de la hausse des bénéfices, à un rythme certes moindre qu’au cours des précédents exercices. Au quatrième trimestre, le bénéfice net d’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), numéro un du secteur, a gagné 8% à 57,1 milliards de yuans (6,7 milliards d’euros), contre une hausse de 9% à 38,2 milliards de yuans pour le numéro deux China Construction Bank. Les résultats de Bank of China et d’Agricultural Bank of China ont bondi de respectivement 10% et 13%.
Le taux de créances douteuses est suivi de près. Celui de l’ensemble du secteur en Chine a atteint un plus haut officiel de 2 ans à fin décembre à 1,0%, en progression limitée de 0,03 point sur trois mois. Une progression comparable en relatif observée chez ICBC, où le ratio est passé à 0,94%, tandis que celui d’Agricultural Bank of China a baissé de 0,02 point à 1,22%. Tablant sur une stabilité du ratio cette année chez cette dernière, son responsable des risques Song Xianping a assuré que «la banque dispose de suffisamment de provisions et de ressources financières pour absorber le risque».
De fait, les grandes banques publiques chinoises tiennent à réduire leur exposition aux secteurs industriels qui apparaissent les plus vulnérables du fait de surcapacités, tels la sidérurgie, la construction maritime ou les panneaux solaires. ICBC a indiqué avoir abaissé l’encours de prêts à ces secteurs de 19,9 milliards de yuans l’an dernier. Ce mois-ci, Shanghai Chaori Solar a été la toute première société chinoise à faire défaut sur sa dette sur le marché domestique. Mais d’autres secteurs appellent également à la vigilance, tels les grossistes et distributeurs, pour lesquels le taux de créances douteuses chez ICBC a bondi sur un an de 1,4 point à 3,4%.
En parallèle, la plus vive concurrence souhaitée par les pouvoirs publics, par le biais d’offres en ligne particulièrement par des groupes comme Alibaba, suscite des craintes sur la rentabilité, même si les marges nettes d’intérêt ont bien résisté en 2013. Le président d’ICBC, Yi Huiman, assure que l’ouverture permettra d’améliorer l’efficacité des services financiers en Chine.
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