Les fonds monétaires américains prêtent de moins en moins aux banques françaises
Les banques françaises risquent de payer de plus en plus cher pour obtenir du billet vert. Les fonds monétaires américains, habituelles sources de financement en dollar à court terme à faibles taux, fuient de plus en plus les banques européennes, selon une étude de Fitch Ratings. Et les établissements français font figure d’épouvantail.
Depuis fin mai, l’exposition des money market funds aux banques françaises a chuté de 62% contre 40% pour l’ensemble des banques européennes à fin septembre. Plus inquiétant, la méfiance de ces fonds à l’égard des banques françaises s’est accentuée à la rentrée puisqu’au cours du seul mois de septembre, ils ont réduit leur exposition de 42% contre seulement 14% pour l’Europe. Les établissements français ne représentent plus que 6,7% des 654 milliards d’actifs des dix principaux money market funds recensés par Fitch alors qu’ils pesaient jusqu’à 16,4% au cours du second semestre 2009 et 11,2% fin août.
Autre signe de méfiance, ces fonds américains ont réduit les maturités de leurs prêts. La part de financement à 61 jours et plus allouée aux banques françaises, soit la plus longue échéance proposée, a reculé de plus de la moitié par rapport à fin juin tandis que le très court terme, de 7 jours ou moins, reste élevé, à 27%. Les montants retirés d’Europe ont surtout profité aux banques japonaises qui ont vu leur part dans l’exposition des fonds augmenter de 22% le mois dernier.
Sur les 15 banques dans le monde auxquelles les fonds américains sont les plus exposés, six sont européennes et Deutsche Bank occupe la première place en mobilisant 3,5% de leurs encours contre 2,8% pour BNP Paribas. Cette dernière dépend à hauteur de 1,6% de ces prêteurs pour l’ensemble de son financement à court terme.
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