Les fonds confirment leur intérêt pour la finance avec les agences de RBS
Le «deleveraging» imposé aux banques en Europe profite aux fonds d’investissement. RBS a annoncé le 27 septembre la vente d’une part minoritaire dans 314 de ses agences en Grande-Bretagne à un consortium dirigé par Corsair Capital et Centerbridge Partners. Le fonds RIT Capital Partners et celui de l’Eglise d’Angleterre sont également de la partie. Le consortium déboursera 600 millions de livres (713 millions d’euros), dans le cadre d’un accord préalable à l’introduction en Bourse de cette activité.
Les 314 agences sont regroupées sous l’enseigne Williams & Glyn’s, une vieille marque du groupe. Il s’agit de points de vente situés pour l’essentiel en Angleterre et au Pays de Galles, que RBS s’est engagée à céder d’ici à 2014 comme contrepartie à sa nationalisation.
Le processus a pris plus de temps que prévu, Santander ayant renoncé en 2012 à racheter les agences pour 1,7 milliard de livres. La création juridique et fonctionnelle de l’entité Williams & Glyn’s est d’ailleurs toujours en cours. La nouvelle banque affichait 19,7 milliards de prêts au 30 juin, pour des dépôts supérieurs et des fonds propres de 1,6 milliard. Elle a réalisé au premier semestre un résultat d’exploitation avant impôt de 168 millions de livres.
L’investissement des fonds a été structuré sur un mode «pré-IPO». Le consortium souscrira une obligation RBS de 600 millions échangeable en actions Williams & Glyn’s au moment de l’introduction en Bourse. Le prix de conversion sera celui de l’IPO, avec un plancher (l’actif net tangible) et un plafond. Le consortium ne pourra détenir plus de 49% du capital et devra garder 18 mois ses titres, rémunérés entre 8% et 14% l’an. En fonction de la performance boursière pendant cette période, il pourra verser jusqu’à 200 millions de plus à RBS. Pour boucler la transaction, la banque a mis en place un crédit-vendeur de 270 millions.
Corsair Capital et Centerbridge Partners ont damé le pion à d’autre fonds, le tandem Anacap-Blacsktone et W&G Investments, selon Bloomberg. Les acteurs de private equity ont aujourd’hui toute latitude pour mener leurs emplettes dans le secteur financier alors que la plupart des banques se concentrent sur la réduction de leur bilan. Apollo vient ainsi de reprendre la filiale de KBC en Allemagne, tandis que Caixabank a officialisé le 26 septembre la vente de 51% de sa filiale de gestion immobilière Servihabitat à TPG.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
FractureRoyaume-Uni : le travailliste Andy Burnham face aux démons du Brexit
Alors que les travaillistes esquissent un rapprochement avec l’UE, Andy Burnham est en campagne dans un territoire qui a largement voté pour le Brexit. Cette élection partielle illustre la nouvelle fracture de la politique britannique -
BalancierMalgré les récentes tensions, Alger maintient la relation stratégique avec Paris
La France et l'Algérie relancent leurs relations, alors que Paris reste un partenaire économique et sécuritaire majeur et que les relations entre les deux pays sont marquées par le poids de l'histoire -
Eau dans le gazEntre Matignon et le Medef, une relation qui s’envenime
La menace de geler les allègements de charge tend encore un peu plus les rapports entre Patrick Martin et Sébastien Lecornu