Les dépréciations pèsent sur les bénéfices de la Société Générale
La Société Générale a annoncé hier une contraction de 42% de son résultat net au deuxième trimestre 2012. A 433 millions d’euros, il est passablement inférieur au consensus des analystes, établi à 588 millions.
Ce bénéfice a été toutefois fortement affecté par des éléments exceptionnels, la plupart défavorables. Les dépréciations d’écarts d’acquisition ont ainsi coûté 476 millions de résultat à la banque: 250 millions pour sa filiale russe Rosbank, 200 millions pour la société de gestion américaine TCW (en cours de cession, selon de pressantes rumeurs) et 26 millions pour les activités ukrainiennes. Séverin Cabannes, directeur général adjoint du groupe, précise qu’il reste 591 millions d’euros de survaleurs résiduelles pour Rosbank et 482 millions pour TCW.
D’autres opérations ont amputé les bénéfices. Les actifs gérés en extinction ont provoqué 114 millions de pertes. Dans le cadre de la réduction de la taille de son bilan, la banque a poursuivi les cessions de portefeuilles de crédits sains. Elle a enregistré une décote moyenne de 5% sur ces opérations, soit 110 millions d’euros.
En revanche, la Société Générale a engrangé 195 millions d’euros en rachetant à des prix décotés une partie sa propre dette subordonnée («tier 2»). Par ailleurs, la réévaluation de sa dette sur les marchés a occasionné un gain comptable de 145 millions d’euros.
La banque s’estime en réalité satisfaite de son résultat net sous-jacent, lequel ressort à 793 millions d’euros. De fait, les performances opérationnelles de l'établissement sont loin d’être catastrophiques. Il affiche notamment une bonne maîtrise de ses frais de gestion (-6%, en baisse dans tous les métiers hormis une légère hausse dans les réseaux internationaux). «Le résultat d’exploitation des unités opérationnelles atteint 1.285 millions d’euros contre un consensus à 1.233 millions euros. […] La banque d’investissement est conforme aux attentes, ce qui est plutôt une bonne nouvelle relativement aux annonces récentes d’autres banques européennes», soulignent les analystes d’Oddo Securities. Les revenus sur les marchés de taux reculent de 9% (à 476 millions d’euros), tandis qu’ils baissent de 24% dans les actions (à 470 millions) et de 40% en conseil et financement (à 390 millions).
En revanche, le réseau international déçoit: il accuse une hausse de 34% du coût du risque (à 360 millions), en raison de difficultés persistantes en Roumanie et en Russie.
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