Les créanciers mettent la main sur Co-op Bank
Une page se tourne pour The Cooperative Bank après 141 ans d’histoire. The Co-operative Group, sa maison mère, va céder le contrôle de l’établissement mutualiste britannique à certains créanciers obligataires, mais son directeur général Euan Sutherland a annoncé que le groupe en conservera toute de même 30%. Il restera ainsi le premier actionnaire de la banque. Face à l’intransigeance des créanciers, qui poussent jusqu’au bout la logique du «bail in», les négociations se sont conclues par l’abandon du plan de renflouement initial.
Présenté en juin, celui-ci prévoyait une injection d’un milliard de livres (1,18 milliard d’euros) par la maison mère et la conversion en capital de 500 millions de dettes subordonnées et d’actions de préférence détenues par des particuliers. La maison mère aurait conservé une participation de 70% dans l’établissement.
L’opposition la plus ferme est venue d’une partie des détenteurs de titres prioritaires, garantis par les actifs de la banque (lower tier 2 capital) – en particulier les hedge funds Silver Point et Aurelius, mais aussi des fonds de pension et des assureurs. Ces derniers, réunis au sein d’un groupe nommé LT2, possèdent 43% du montant des lower tier 2. Conseillés par la banque d’affaires Moelis, ils privilégiaient une conversion de tout ou partie de leurs titres en actions, impliquant la prise de contrôle de l’établissement.
Reste à savoir s’ils resteront durablement actionnaires d’un prêteur qui compte 4,7 millions de clients. Pour éviter leur désaffection, les principes éthiques et coopératifs devraient être inscrits dans la gouvernance de l’établissement.
Les détails du plan n’ont pas filtré. Les protagonistes travailleraient encore à trouver une solution pour les 15.000 créanciers particuliers – notamment des retraités, dont une partie importante des revenus dépend du versement des intérêts. Ils auraient figuré parmi les principales victimes du plan de sauvetage originel. Selon Reuters, ils recevraient de nouveaux titres porteurs d’intérêts, plutôt que de voir leurs obligations converties en actions.
Dans un communiqué séparé, Co-op Bank indique que le plan de recapitalisation est toujours en préparation. Les audits menés à cet effet ont révélé la nécessité de passer entre 100 et 105 millions de livres de provisions supplémentaires au titre du dédommagement de clients, notamment dans l’affaire de la vente abusive de contrats d’assurance emprunteurs (PPI).
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