Les comptes de CCB confirment les inquiétudes sur le marché bancaire chinois
China Construction Bank (CCB), la deuxième banque du monde par la capitalisation, a vu son bénéfice net progresser de 26% en 2011, pour atteindre 169 milliards de yuans (20 milliards d’euros). L’établissement a octroyé 827 milliards de yuans de prêts l’année dernière, portant le total de ses encours de créances à 6.500 milliards de yuans.
Mais l’établissement a envoyé d’autres signaux – beaucoup moins positifs – qui ont confirmé les craintes relatives à la surchauffe du secteur bancaire chinois. Le ralentissement général de l’offre de crédit en Chine (tant à l’égard des collectivités locales, des promoteurs immobiliers que des ménages) depuis deux ans a fait grimper les marges des prêteurs, mais la progression des créances douteuses et litigieuses (CDL) dans leurs bilans s’accélère. Le gouvernement chinois tente d’encourager le crédit aux PME, tout en limitant les prêts à l’immobilier pour lutter contre le phénomène de bulle.
Concernant China Construction, le montant des CDL a progressé de 9,8% au dernier trimestre, à 70,9 milliards de yuans. Son augmentation a été favorisée par une détérioration des secteurs de la construction, de l’immobilier et de la distribution. Les CDL représentent 1,09% de son portefeuille de créances. La banque a également déclaré que la proportion des prêts classés dans la catégorie «substandard» (un cran avant le classement en douteux) avait atteint un sommet à 27% au cours du second semestre.
La situation de CCB confirme les craintes soulevées par Agricultural Bank of China, premier grand établissement à avoir publié ses comptes annuels, vendredi. Au quatrième trimestre, AgBank a passé 22,8 milliards de provisions, plus du double de celles enregistrées un an plus tôt.
Or, la qualité des portefeuilles de CCB devrait continuer à se détériorer dans les trimestres à venir, si l’on en croit le scénario d’atterrissage en douceur de l’économie chinoise, après des années de croissance plus que soutenue. Ce mois-ci, le premier ministre Wen Jiabao a annoncé une prévision de croissance inférieure à 8% pour la première fois depuis les huit dernières années. La direction de la banque n’a pas dit autre chose: «en 2012, l’environnement économique mondial devrait se détériorer et le développement économique de la Chine doit relever de nombreux défis», indique-t-elle dans un communiqué.
Plus d'articles du même thème
-
La région Ile-de-France retient Atos pour optimiser sa gestion financière
La brique technologique du géant des services numériques servira à l'accompagnement de près de 5,8 milliards d’euros de budget annuel géré par la région. -
L’Ile-de-France confirme son poids dans les investissements nationaux en technologie propre
Les investissements français dans les technologies propres reculent de 25 % au premier semestre 2026. Les priorités sont redéfinies entre guerre en Ukraine et en Iran et enjeux de souveraineté, estime un rapport de France Invest, GreenUnivers et EY. -
Un groupe de réflexion canadien préconise que les fonds de pension nationaux investissent 3% de leurs encours dans le pays
Dans son dernier rapport, le think tank Canadian Shield Institute explique comment les investissements des fonds de pensions du Canada pourraient contribuer davantage à la croissance économique du pays.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Idée reçueNon, les fonctionnaires n'ont pas perdu de pouvoir d'achat entre 2012 et 2024
Un rapport de la Cour des comptes rappelle que la rémunération des fonctionnaires ne dépend pas uniquement de l'évolution du point d'indice. Et estime qu'une maîtrise de la masse salariale sera nécessaire pour redresser les finances publiques dans les années à venir -
La Fabrique de l'OpinionStéphane Boujnah, patron d'Euronext : « La France est touchée par les sept fléaux de l'apocalypse »
Patron d'Euronext, Stéphane Boujnah dresse un diagnostic sans concession de la dette française. Celle-ci a encore progressé au deuxième trimestre, atteignant 3 595,5 milliards d'euros, soit 119% du PIB. Mais le redressement est possible, estime l'ex-conseiller de Bercy sous Dominique Strauss-Kahn, à condition de le choisir plutôt que de le subir, et de se rassembler. -
#DigitalCitizenL'IA et affaire Thélyson Orélien : je est un autre - par David Lacombled
Le recours aux solutions d’intelligence artificielle générative est si massif que tout écrit devient suspect