Les cartes de crédit pèsent sur Bank of America
Alors que l’attention outre-Atlantique se porte sur l’effet de la réglementation sur les activités d’investissement, Bank of America (BoA) a, de son côté, souffert de la nouvelle législation sur les cartes de crédit. Elle l’a obligée à passer une dépréciation de survaleur (goodwill) de 10,4 milliards de dollars à son activité de cartes de crédit. Cette écriture – annoncée en fait au cours du trimestre précédent – résulte d’une disposition de la loi sur la réforme financière passée en juillet dernier, qui limite les frais interbancaires appliqués aux débits réalisés avec une carte.
BoA estime qu’elle pourrait perdre entre 1,8 et 2,3 milliards de dollars de revenus annuels avec cette nouvelle réglementation. C’est pourquoi elle a annoncé dans la foulée un changement de stratégie pour ses activités de détail, privilégiant l’augmentation des recettes par client (notamment grâce au multicanal), au détriment d’un modèle passé reposant sur les pénalités.
La provision a littéralement plombé les comptes du trimestre. BoA affiche ainsi une perte nette de 7,3 milliards de dollars (77 cents par action), contre un déficit de 2,2 milliards (26 cents) un an plus tôt. Mais les investisseurs ne lui en ont pas tenu rigueur. Car hors éléments exceptionnels, les 3,1 milliards de bénéfices (soit 27 cents par action) affichés sont nettement supérieurs aux anticipations des analystes, qui prévoyaient un résultat net de 16 cents par action selon le consensus Thomson Reuters et de 14 cents selon Bloomberg.
L’établissement semble donc suivre le chemin tracé par ses compatriotes JPMorgan, Citigroup et, dans une moindre mesure, Goldman Sachs. Ses comptes ont bénéficié de l’amélioration de ses perspectives dans le crédit: les pertes pour créances douteuses ont reculé de 24% par rapport au deuxième trimestre, à 7,2 milliards de dollars, et ses provisions ont été quasiment réduites de moitié, à 5,4 milliards.
Ceci dit, les dirigeants, qui ont annoncé que les saisies immobilières allaient reprendre dans plus de vingt Etats, sont restés prudents dans leurs prévisions. Ils s’attendent à ce que le revenu net d’intérêts (tirés des crédits) continue de reculer. Au troisième trimestre, il a reculé de 3%, à 12,7 milliards de dollars. Le montant des prêts octroyés par Bank of America a progressé de 2% sur un an (à 933 milliards) mais a reculé de 2,4% par rapport au deuxième trimestre.
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